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P. E. Trudeau
Pierre Trudeau estimait que rien ne cultivait mieux l’esprit qu’un engagement ferme à l’égard de la vie. Universitaire à Montréal, Boston, Paris et Londres, adepte du plein air et « enfant de la nature », de même qu’observateur, journaliste et activiste, il était un étudiant du monde.
Il faut dépasser la notion usuelle de responsabilité—responsabilité à l'égard de sa famille, de sa communauté et de son pays. Même la notion de responsabilité envers tous les êtres humains proposée par la Bible est trop limitée. La nouvelle responsabilité doit signifier plus encore. Elle doit s'étendre à toutes les espèces et se conjuguer à tous les temps. Elle doit intégrer les personnes qui vivent bien au-delà de nos frontières nationales; elle doit englober l'eau et l'air, les ressources non renouvelables, les organismes vivants. Elle doit se tourner vers l'avenir, et pas seulement pour quelques mois ou quelques années, mais pour des décennies.
—Pierre Elliott Trudeau, 1975
De l’excursion en canot à la réforme de la constitution, il appliquait apprentissage et raisonnement à toute situation Et qu’il ait passé une longue et difficile journée à pagayer, ou à l’issue d’une chaude lutte partisane, il s’interrogeait toujours sur son apprentissage et son raisonnement. C’était aussi un homme passionné. Ses analyses et son audace à publier et à diffuser les fruits de sa recherche révélaient un esprit d’indépendance.
Il vouait son engagement le plus profond à la liberté – liberté de l’esprit et liberté de l’individu – et il se dressait contre les forces politiques et économiques de son temps qui maintenaient les hommes et les femmes dans un état de servitude.Son but était de cultiver une citoyenneté engagée, curieuse et informée. Il a cherché à promouvoir l’identité canadienne par l’éducation, par des débats engagés et par une prise de conscience de soi-même. Il croyait qu’un Canada mature et sûr de lui pouvait apporter une contribution exceptionnelle au monde entier.
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