3 Octobre 2019

Dans le cadre du Mois de l’histoire des femmes, la Fondation Pierre Elliott Trudeau vous présente des portraits de femmes de sa communauté qui ont eu un impact considérable dans leur domaine. 

 « Si vous essayiez de lui enlever sa dignité, c’était impossible. Si vous essayiez de la ridiculiser, c’est impossible. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme ça avant. »

-Alanis Obomsawin (mentore 2009) à propos de Cindy Blackstock

Militante infatigable pour le droit des enfants autochtones et de leurs familles, Cindy Blackstock a fait preuve d’un engagement sans faille envers sa cause. Portrait d’une femme intransigeante.  

Cindy Blackstock a grandi entourée de champs de myrtilles dans le nord de la Colombie-Britannique. Membre de la nation autochtone des Gitxsan, elle subit les conséquences du racisme omniprésent contre les peuples autochtones durant son enfance. « On s’attendait à ce que tu grandisses et deviennes alcoolique et paresseuse »,se souvient-elle à propos des stéréotypes auxquels elle faisait face. Elle devient déterminée à étudier à l’Université de la Colombie-Britannique. Elle obtient son diplôme et devient travailleuse sociale dans la région de Vancouver à seulement 21 ans.

Dans son travail, Blackstock se rend compte du nombre disproportionné de familles autochtones qui ont besoin des services de protection de l’enfance. « Sur les réserves, même les services les plus fondamentaux n’étaient pas là », raconte-t-elle à la radio anglaise de Radio-Canada en septembre 2019. Devant l’urgence de la situation, elle espérait que quelqu’un prendrait en main le problème. « J’étais convaincue que je n’étais pas qualifiée pour faire quelque chose ». Faisant face à l’injustice au quotidien et voyant le problème grandissant, elle se devait de faire une différence pour la prochaine génération d’enfants.

C’est avec cette mission en tête qu’en 1999, Cindy Blackstock participe à la création de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, une organisation qui s’assure que les enfants et les familles autochtones obtiennent les services dont ils ont besoin pour grandir en toute sécurité. En 2007, avec l’aide de l’Assemblée des Premières Nations, elle dépose une plainte contre le gouvernement au Tribunal canadien des droits de la personne par rapport à l’application discriminatoire du principe de Jordan.  

- Cindy Blackstock à propos des inégalités entre les enfants sur les ondes de la radio de CBC

C’est neuf ans plus tard qu’un verdict éclatant est rendu le 26 janvier 2016, le Tribunal ordonnant au gouvernement de mettre en œuvre le principe de Jordan de façon non discriminatoire. Depuis, plus de sept ordonnances du Tribunal ont été envoyées au gouvernement pour le forcer à changer ses pratiques. « Personne n’est arrivé avec un plan clair pour résoudre ces inégalités, alors c’est goutte à goutte, programme par programme, et les enfants continuent de souffrir. Ça doit s’arrêter. »

Cindy Blackstock est devenue mentore de la Fondation Pierre Elliott Trudeau en 2012. Elle a obtenu des bourses de la Fondation Ashoka et de la JW McConnell Family Foundation, et s’est vu décerner de nombreux prix et distinctions, y compris un Prix national d’excellence décerné aux Autochtones. Encore aujourd’hui, elle continue son travail pour les enfants auprès de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada.

« J’ai l’impression que c’est notre travail, en tant qu’adultes, de défendre les enfants quand quelque chose ne va pas, et c’est ce que je fais. »

Cindy Blackstock

Auteure de plus de 50 publications, ses intérêts principaux portent sur l'étude et la gestion des causes désavantageant les enfants autochtones et leurs familles.

Mentors 2012