12 Juillet 2017

- Un rapport des boursiers Stéphanie Roy, Gillian McKay, Milad Parpouchi et Antoine Pellerin

La Fondation Pierre Elliott Trudeau soutient la recherche sur des thèmes importants pour le Canada et les Canadiens. En ce moment critique de l’histoire des États-Unis, le paysage politique et social américain a un impact direct sur les recherches de certains de nos boursiers, mais également sur des enjeux les plus pressants dans le monde. Afin de mieux comprendre les relations actuelles États-Unis-Canada et d’autres grands débats clefs, 19 membres de la communauté de la Fondation ont visité Washington D.C. les 12 et 13 juin derniers. Lisez les impressions de quatre boursiers.

Faits saillants du séjour

« Ce séjour nous a permis de discuter avec des Canadiens œuvrant aux développement des relations Canada-Etats-Unis, notamment à l’Ambassade du Canada à Washington, de rencontrer les chercheurs de « think tanks » (groupes de réflexion) et d’apprendre sur leur rôle en matière de politique publique, de discuter avec les représentants de la National Association for the Advancement of Colored People, de rencontrer les représentants du Canada à la Banque mondiale et, enfin, de comprendre plus en détail le fonctionnement des institutions politiques américaines en discutant notamment avec des parlementaires œuvrant au Congrès américain.

Ces différentes visites nous ont ainsi donné l’opportunité de réfléchir sur les changements des rapports de force en matière de politique internationale et de la place du Canada dans le monde. Nous avons également pu en apprendre davantage sur les défis liés à la négociation d’échanges commerciaux, la montée du populisme sur la scène internationale, les facteurs contribuant à façonner l’opinion publique tels que les médias sociaux, les questions liées au droit des minorités aux États-Unis, le partage de la prospérité mondiale et les initiatives permettant de mitiger l’impact de nombreux pays sur le climat. » Stéphanie Roy, boursière 2017

« Pour moi, le point fort a été notre rencontre avec les experts en Fragilité, conflit et violence de la Banque mondiale. Nous avons abordé le rôle de la communauté internationale des donateurs et celui du secteur privé dans la réduction et la cessation des conflits, ainsi que le renforcement des systèmes dans les États fragiles. Traditionnellement la Banque mondiale n’aurait pas été impliquée dans des pays en conflit. Cependant, elle a dû changer son approche puisqu’il est devenu évident que les conflits maintiennent les gens dans la pauvreté et que le développement économique contribue à la consolidation de la paix. Nos discussions ont porté sur des questions difficiles et inattendues, notamment comment la technologie mobile, largement considérée comme une force positive, pouvait aussi mettre des gens vulnérables à risque. Par exemple, voir que des amis ou des membres de la famille ont réussi leur voyage de migration encourage les autres à essayer, parfois en empruntant des routes très dangereuses. » Gillian McKay, boursière 2016

« La visite la plus marquante pour mon travail a été la présentation des recherches sur la tendance à la hausse de l’inégalité des revenus partout à travers les États-Unis, et la relation entre l’inégalité salariale, la mobilité sociale, la santé, et le bonheur. » Milad Parpouchi, boursier 2017

Ce qu’ils retirent de ce séjour 

« Dans le contexte où je cherche à proposer de nouveaux paramètres pour un exercice socialement responsable du pouvoir contractuel de l’État, j’ai apprécié la visite de la Banque mondiale, laquelle travaille depuis plusieurs années à développer un programme de lutte contre la corruption et de promotion de l’intégrité. » Antoine Pellerin, boursier 2016

« En tant que doctorante recherchant sur les moyens d’encadrer l’action gouvernementale en matière d’environnement, cette visite m’a donc permis d’avoir un portrait plus global du contexte dans lequel les États-Unis et le Canada élaborent et mettent en œuvre leurs politiques publiques. Cette nouvelle perspective me permettra certainement d’ancrer les résultats de ma recherche dans la réalité et de faire des recommandations plus efficaces. » Stéphanie Roy, boursière 2017

« En tant qu’ancienne travailleuse humanitaire et étudiante au doctorat qui se penche sur les crises humanitaires, cette visite à Washington m’a aidé à appréhender le milieu du développement international d’une toute nouvelle façon. Les États-Unis ont toujours été un acteur important de santé mondiale, que ce soit en termes de financement, que d’une perspective stratégique ou de défense des politiques. La visite m’a également permis de valider deux choses que j’avais déjà pressenti. Premièrement, que le rôle mondial de leadership des États-Unis pourrait changer, et deuxièmement, que cela pourrait créer l’espace nécessaire au Canada pour nous affirmer un peu plus en général, et dans le domaine de la santé des femmes (mon sujet d’études), en particulier. » Gillian McKay, boursière 2016

Stéphanie Roy

Stéphanie Roy (droit administratif, Université Laval) cherche à redéfinir les obligations de l’État envers l’environnement en tenant compte de principes éthiques, afin d’assurer la protection de l’environnement dans l’intérêt des générations futures.

Boursiers 2017

Gillian McKay

Gillian McKay (santé publique, The London School of Hygiene and Tropical Medicine) s’intéresse à la façon de rendre des services de santé maternelle disponibles et sécuritaires en cas d’épidémie sanitaire dans des pays sortant de conflits, comme en Sierra Leone.

Boursiers 2016

Milad Parpouchi

Milad Parpouchi (santé publique et populationnelle, Université Simon Fraser) cherche à comprendre les facteurs qui contribuent à l’itinérance et à l’efficacité des modèles de logement avec soutien qui promeuvent l’inclusion sociale, la guérison et l’autodétermination.

Boursiers 2017

Antoine Pellerin

Antoine Pellerin (droit, Université Laval) s’intéresse au pouvoir contractuel de l’État et cherche les conditions nécessaires pour que celui-ci soit exercé dans l’intérêt public.

Boursiers 2016