20 Décembre 2016

Le texte qui suit est une traduction de la réponse de la Fondation Pierre Elliott Trudeau à la couverture du National Post à propos des dons et de la gouvernance de la Fondation. Une version anglaise de la lettre au rédacteur en chef est parue dans le National Post le 20 décembre 2016. 

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Au rédacteur en chef,

Le mois dernier, à Vancouver, 120 boursiers, lauréats et mentors de la Fondation Pierre Elliott Trudeau se sont joints à 140 membres du public à l’occasion du colloque de la Fondation sur la diversité, le pluralisme et l’avenir de la citoyenneté au Canada. Pour l'un des participants, ce colloque illustrait le travail remarquable de la Fondation : «il n’y a pas d’égal à la volonté que manifeste la Fondation dans l’appui de sujets de recherche complexes et délicats».

C’est là le véritable travail de la Fondation. Un article publié le 13 décembre dans le National Post brosse un tout autre portrait. L’article tente, à tort, de lier la Fondation au débat actuel sur les activités de financement à la Colline du Parlement. On peut certes pardonner aux lecteurs d’en garder une image déformée des objectifs et du travail de la Fondation.

D’une part, l’article du National Post affirme que les dons étrangers reçus par la Fondation ont bondi depuis que M. Justin Trudeau a pris la tête du Parti libéral du Canada et attribue cette hausse à des motivations indéterminées.

Dans les faits, la hausse des dons vient principalement d’une source : la Fondation McCall MacBain, une organisation de bienfaisance établie en Suisse et reconnue mondialement pour ses dons à des organismes voués à l’enseignement tels que les bourses Rhodes, l’Université d’Oxford, la Fondation Mandela Rhodes en Afrique du Sud, l’Université Dalhousie, l’Université McMaster, l’Université McGill et l’Harvard Business School. L'un de ses plus importants dons est une somme de 75 millions de livres sterling au Rhodes Trust, qui décerne les bourses Rhodes.

Notons également que la Fondation McCall MacBain a été fondée par le Canadien John McCall MacBain, qui est aussi président du conseil d’administration de la Fondation Pierre Elliott Trudeau depuis 2012, alors qu'un autre gouvernement était au pouvoir.

L’article tente aussi de lier un don de 200 000 dollars de la part de deux citoyens chinois à de supposés intérêts envers le gouvernement du Canada. En vérité, ces donateurs ont été présentés à la Fondation en 2014 et les négociations se sont déroulées pendant 18 mois. Il n’est pas inhabituel qu’un don de cette ampleur prenne du temps à se concrétiser, particulièrement quand plusieurs institutions sont concernées – dans ce cas précis, l’Université de Montréal et la Fondation – et qu’il faut utiliser trois langues entre deux pays de culture et tradition juridique différentes.

À ce sujet, le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique du Canada a rejeté, le 13 décembre dernier, la demande du leader de l’opposition d’examiner le don en question, arguant qu’il ne « voit pas de preuve que M. Bin fait des affaires avec le gouvernement du Canada ou tente d’obtenir du financement de sa part, ou que M. Trudeau ait été impliqué dans la demande de fonds à M. Bin ».

La Fondation Pierre Elliott Trudeau est déterminée à continuer d’appuyer les études supérieures, la recherche et l’engagement public sur des enjeux de grande importance pour le Canada. C’est le travail que nous accomplissons depuis 15 ans et c’est ce que nous entendons poursuivre.

Respectueusement,

Morris Rosenberg, C.M.
Président et chef de la direction
La Fondation Pierre Elliott Trudeau

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Voir aussi : Mise en contexte du don de 200 000 $ par MM. Bin Zhang et Niu Gensheng

Morris Rosenberg

Président et chef de la direction

Mentors 2005