14 Août 2017

Dans le cadre de l’initiative des domaines d'enquête prioritaires de la Fondation, le boursier 2014 Aaron Mills a obtenu un soutien financier de la Fondation pour l’année 2016-2017 afin de mener à bien un projet intitulé Revitalizing Anishinaabe Innakonigewin. Ce projet communautaire, ancré dans la Première Nation Couchiching, consistait à tenir une série de cercles de partage aux deux semaines, pendant lesquels les aînés et d’autres membres de la communauté échangeaient des connaissances et des expériences sur la pensée, la gouvernance, la loi, l’histoire, les relations et les façons d’être et d’apprendre des Anichinabés. Ce projet visait à revitaliser les systèmes autochtones constitutionnels et juridiques qui ont disparu à cause du colonialisme. En avril, il y a eu un dernier cercle de partage, et dans un rapport récent remis à la Fondation, Aaron a fait le point sur les réussites du projet et les défis qu’il a dû affronter.

Résultats du projet

Pour Aaron Mills, il se dégage quatre principaux résultats :

  1. Renforcement des liens internes de la communauté : le projet Revitalizing Anishinaabe Innakonigewin a normalisé les cercles de partage, une ancienne tradition anichinabée, et procuré un espace aux membres de la communauté pour qu’ils puissent échanger entre générations sur leurs expériences. Les aînés étaient ravis d’avoir un moment pour évoquer le passé et les jeunes disposés à apprendre les connaissances offertes.
  2. Renforcement des liens externes de la communauté : les cercles de partage étaient ouverts aux personnes extérieures à la Première Nation Couchiching. Ainsi, les gens ont pu partager plus de connaissances et établir davantage de liens.
  3. Découverte de l’identité et de l’histoire : les jeunes ont appris à communiquer avec les aînés et à poser des questions. On leur a enseigné le but des objets sacrés et la façon dont ce but est lié à leurs propres vies. Il y a eu des questions et des réponses magnifiques.
  4. Redonner à la communauté : le projet Revitalizing Anishinaabe Innakonigewin s’est avéré instructif tant pour Aaron Mills que pour la communauté. Il lui a permis de redonner à cette communauté qui lui avait offert un énorme soutien par le passé.

Leçons apprises

Aaron Mills commente son expérience dans le cadre de ce projet profondément communautaire et partage les leçons qu’il en a tirées et qui pourraient aider la recherche ultérieure dans les communautés autochtones :

  1. Connaître l’incidence du ton et de l’esprit : pour donner le bon ton aux échanges, il était essentiel de diriger les cercles de partage avec un aîné bien avisé et accueillant, de les commencer avec une cérémonie et de permettre un rythme lent.
  2. Apprendre à se sentir à l’aise avec la tension et même les conflits : dans un projet communautaire où les participants se présentent avec leurs opinions et leurs perspectives différentes, l’animateur doit apprendre à équilibrer les champs d’intérêt et à résoudre les différends.
  3. Maintenir le soutien adéquat : il est important de disposer de structures de soutien tant dans la communauté que dans le monde universitaire afin que l’animateur sache vers qui se tourner au besoin.
  4. Avoir une idée de l’intensité du travail : les projets communautaires comme celui-ci représentent un travail considérable au niveau de l’administration, de l’université, de la logistique, des communications et de la planification.
  5. Travailler avec des communautés soumises à des difficultés : il est essentiel de comprendre ce que signifie travailler avec une communauté ayant des difficultés. Il faut notamment être sensible aux besoins de la communauté, planifier en fonction des ressources humaines limitées et repenser ses attentes en fonction de l’efficacité.
  6. Faire preuve de souplesse : il était nécessaire d’être souple dans la planification et les étapes du projet afin de s’adapter aux besoins et aux désirs de la communauté; et il en était de même avec les conseillers universitaires qui ont d’autres engagements.
  7. Concrétiser l’engagement des partenaires : les partenaires, comme la Fondation Pierre Elliott Trudeau, doivent s’engager auprès des communautés et nouer des liens au sein de ces dernières.
  8. Dépasser les problèmes de communication : dans un projet communautaire, la communication représente un défi et nécessite des ressources. Toutefois, il est essentiel de communiquer par divers moyens, peu importe l’intensité du travail, pour garantir la participation des parties intéressées.

L'idée qui se cache derrière les domaines d'enquête prioritaires de la Fondation a vu le jour à la fin de 2014, lorsque la Fondation s'est demandé comment mieux tirer parti de ses efforts afin de maximiser ses répercussions. Après une consultation auprès de sa communauté, la Fondation a décidé de soutenir des événements et des projets dans trois domaines d'enquête prioritaires : le pluralisme, la diversité et l'avenir de la citoyenneté, les relations avec les Autochtones au Canada et la sécurité de l'eau, de l'énergie et de l'alimentation.

En savoir plus

Aaron Mills

Il examine la tradition juridique anishinabée et tente de voir comment la démystification des systèmes juridiques autochtones peut permettre aux Canadiens de mieux comprendre les enjeux autochtones.

Boursiers 2014