Benjamin Gagnon Chainey

Boursiers
2017
Programme d'étude:
Littérature de langue française
Affiliation actuelle:
Université de Montréal | Université Nottingham Trent, Royaume-Uni
Région:

Benjamin Gagnon Chainey (littératures de langue française, Université de Montréal et Université Nottingham Trent, Royaume-Uni) analyse l’évolution de l’empathie et de la relation de soin avec le patient à travers la littérature touchant au sida et à la médecine de la fin du XIXe siècle.

Projet de recherche

Le soignant et le mourant : analyse comparative de deux fins de siècle littéraires

Depuis son apparition à la fin du XXe siècle, le sida a pris une place unique dans l’histoire de la médecine. En plus de contaminer les corps, le sida contaminait les discours scientifiques, socio‑politiques et littéraires, en remettant en cause les a priori éthiques de la médecine et du soin.

Hervé Guibert, écrivain français décédé sidéen en 1991, a légué une vibrante trilogie autobiographique sur la maladie. Sa description des ravages du virus sur son corps et de sa relation avec ses médecins-soignants, déstabilisés face à la pandémie, fait écho à de grands auteurs de la fin du XIXe siècle, dont Maupassant, Mirbeau, Huysmans ou Zola, qui ont chacun interrogé les pouvoirs de la médecine et les rôles des acteurs de la relation de soin.

Benjamin propose de faire dialoguer les écrits du sida de Hervé Guibert et les œuvres d’inspiration médicale de la fin du XIXe siècle. En plus de renouveler les connaissances sur ces auteurs, il vise à établir une conversation essentielle entre littéraires, professionnels de la santé et patients pour réfléchir à l’accompagnement du mourant et à leurs rôles réciproques dans la lutte collective contre la maladie, passée et contemporaine.

Le parcours original de Benjamin Gagnon Chainey le situe au confluent du monde médical et de la littérature. Sa fascination pour le corps, tant performant que souffrant, l’amène à combiner les deux disciplines pour s'interroger sur les enjeux éthiques de la relation de soin.

Après une carrière de plongeur de compétition au niveau national junior, durant laquelle il est nommé à plusieurs reprises « plongeur provincial par excellence » de son groupe d’âge par la Fédération du plongeon amateur du Québec (FPAQ), puis de plongeur-acrobate de haute voltige, M. Gagnon Chainey termine des études de physiothérapie en 2004, à l’Université de Montréal. Parallèlement, il devient entraîneur-chef du Club de plongeon Agami de Brossard. Les résultats de ses athlètes, dont certains évoluent maintenant sur le circuit universitaire américain, au sein de l’équipe nationale de Plongeon Canada ou au Cirque du Soleil, lui valent une nomination au prix « Entraîneur par excellence en développement d’athlètes » de la FPAQ.

Benjamin Gagnon Chainey étend sa passion pour le corps performant à celle du corps souffrant lorsqu’il devient, en 2005, physiothérapeute en soins intensifs et aigus à l’Hôtel‑Dieu du CHUM. En 2008, il rejoint l’équipe de l’Hôpital de réadaptation Villa Medica, leader international en soins cliniques. Il y développe une expertise en neurologie, en plus de superviser des stages cliniques d’étudiants universitaires en physiothérapie, et de présider le comité exécutif du conseil multidisciplinaire de l’hôpital.

Pour donner voix aux enjeux quotidiens du clinicien, Benjamin découvre un riche matériau dans la polyphonie littéraire. Il complète un baccalauréat en littératures de langue française à l’Université de Montréal, dont une année à l’Université de Paris IV‑Sorbonne, en France, où il est ambassadeur-étudiant de l’Université de Montréal dans les Salons de l’éducation. Convaincu de la synergie entre lettres et monde médical, il enchaîne avec une maîtrise en recherche‑création sur les tensions entre médecine et littérature, sous la direction de l’écrivaine et professeure de renom, Catherine Mavrikakis.

Fort de sa double vocation scientifique et littéraire, également lauréat de la Bourse d’études supérieures du Canada Vanier 2017, Benjamin espère promouvoir des dialogues engagés entre écrivains, universitaires, patients et professionnels de la santé autour de l’évolution de l’empathie, au profit de l’humanisation continue de la relation de soin.