Brent Loken

Boursiers
2011
Mentor(s): 
Affiliation actuelle:
Stockholm Resilience Centre
Région:

Brent étudie l'influence réciproque des facteurs économiques, écologiques et sociaux dans la sauvegarde des panthères longibandes à Kalimantan Est, en Indonésie

Brent Loken, boursier Trudeau 2011 et scientifique multidisciplinaire, travaille à protéger les forêts de Bornéo depuis 2009. Il est directeur général et cofondateur de Integrated Conservation, une ONG. Il est actif au sein de Resilience Alliance et il est chercheur invité au Stockholm Resilience Centre. M. Loken travaille actuellement sur l’intégration des découvertes en science de la durabilité et de la pensée résiliente dans la planification de la conservation et sur le rôle des ONG, des pouvoirs et des politiques en matière de conservation. Ses travaux de recherche portent sur le développement de nouvelles techniques pour estimer la densité des panthères longibandes et des orangs-outans, enquêter sur la terrestrialité des orangs-outans et évaluer l’incidence de la déforestation sur la diversité des mammifères.

Projet de recherche

L'influence réciproque des facteurs économiques, écologiques et sociaux dans la sauvegarde des panthères longibandes à Kalimantan Est, en Indonésie

Dans le cadre de sa recherche de doctorat, M. Loken étudiera les concepts de durabilité et de résilience dans deux communautés dayaks du Kalimantan oriental, à Bornéo. Le concept de résilience attire de plus en plus l'intérêt des milieux universitaires, politiques et publiques puisque les gens souhaitent maintenir les systèmes socio-écologiques de façon à ce qu'ils continuent de produire des biens et des services. Il effectuera une des premières analyses de résilience sur l'île de Bornéo, riche aux points de vue biologique et culturel. À l'aide du cadre d'Elinor Ostrom pour l'analyse de la durabilité des systèmes socio-écologiques. M. Loken portera un diagnostic des combinaisons de variables qui, d'une part, favorisent l'utilisation durable et productive des ressources ou qui, d'autre part, mènent à leur dégradation. De plus, il étudiera comment la topologie des réseaux influence la relation entre les divers intervenants dans le traitement des problèmes liés aux ressources naturelles. Sa recherche sera une des premières études de cas à utiliser l'analyse de réseaux pour évaluer les variables du cadre d'Ostrom.

Brent Loken a grandi dans une petite communauté rurale de l'Iowa où il a exploré les marais, les ruisseaux et les boisés près de sa maison. Au cours de ces randonnées, il a développé une véritable passion pour la faune, ce qui l'a poussé à faire carrière dans le domaine de la biologie de conservation. Alors qu'il étudiait au Collège Augustana, il a effectué des recherches sur la sauvagine du Michigan, sur la dermatite schistosomiale au Montana et sur le mouflon des Rocheuses de l'Alberta. Mais le monde l'a attiré et, durant une trêve dans sa carrière de biologiste, il a été administrateur et professeur de sciences pendant quinze ans dans des écoles en Syrie, au Pakistan, en Bolivie, en Alaska, en Tanzanie et à Taïwan.

À titre d'administrateur cofondateur d'une école d'apprentissage sur le terrain à Taïwan, M. Loken était responsable de concevoir et d'aider à la mise en oeuvre d'une vision d'apprentissage relativement nouvelle dans cette région du monde. La création de l'école lui a donné l'expérience et la confiance nécessaires pour mettre sur pied une ONG de conservation qui intègre la science de pointe en matière de durabilité et les connaissances écologiques traditionnelles afin de mettre en place des systèmes socio-écologiques résilients et durables.

M. Loken travaille avec les Dayaks de Wehea, au Kalimantan oriental (Bornéo), afin d'y protéger une des plus grandes forêts vierges et une des plus importantes populations d'orangs-outans. À ce jour, il a contribué à l'organisation d'une étude sur la biodiversité et l'ethnoécologie de Wehea, il a mis en place un programme de formation pour les brigadiers, il a conçu un centre de redécouverte environnementale et culturelle, et a aidé la communauté Wehea à documenter sa culture et ses traditions.

Son travail à l'étranger l'a porté à s'intéresser aux facteurs qui favorisent ou non l'auto-organisation et l'utilisation durable des ressources dans certaines communautés. Son travail de doctorat à l'Université Simon Fraser l'aidera à mieux comprendre la configuration des variables qui conduisent à des résultats durables et résilients. Il espère que ses recherches traceront la voie pour de nouvelles démarches de planification et d'élaboration de politiques en matière de conservation et que les résultats de cette étude pourront s'appliquer à d'autres régions du monde où existent des problèmes de conservation complexes et où le développement présente une fragmentation entre la biote sauvage, les peuples autochtones et une gouvernance locale émergent.