Xavier Gravend-Tirole

Boursiers
2008
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Doctorat en théologie et en sciences des religions
Affiliation actuelle:
Université de Montréal et Université de Lausanne
Région:

Xavier étudie l’utilité d’une approche interconfessionnelle pour aborder les questions d’identité, de rapport à l’autre et de pluralisme religieux.

Le métissage comme nouvelle catégorie théologique de l'anthropologie du croire : étude inspirée de cas indo-chrétiens

À partir de quelques cas hindous-chrétiens, où des communautés veulent développer une spiritualité indienne dans un cadre religieux chrétien, ce travail veut étudier et documenter ce phénomène encore trop généralement négligé (voire condamné) par différentes autorités religieuses. L'hypothèse de cette recherche est que le 'métissage religieux' dépasse le dialogue interreligieux (cérébral) ou l'inculturation (ce qui a trait à la culture et ne fonctionne qu'à sens unique) et légitime le fait d'être nourri par deux ou plusieurs traditions religieuses. Le but est donc de réfléchir à la recomposition religieuse contemporaine de manière constructive et féconde pour l'avenir.

Après avoir complété son premier cycle universitaire, Xavier Gravend-Tirole a décidé de prendre le chemin le plus long pour aller de Montréal à Montréal. Voyage initiatique, le tour du monde qu’il a effectué en visitant de nombreux lieux sacrés sur la planète reste l’un des moments les plus mémorables de sa vie. Ayant rencontré des personnes vivant de manières très variées leur spiritualité, Xavier fut profondément émerveillé par les formes de métissages qui s’opéraient dans leur vie spirituelle.

Aussi sa thèse examine comment le métissage peut devenir une catégorie théologique féconde pour penser l’identité, le rapport à l’autre et le pluralisme religieux. Car si la gestion du pluralisme est un des plus grands défis pour les religions actuellement — tant pour elles-mêmes que dans leurs rapports les unes avec les autres — les formes de métissage religieux, qui découlent de ce pluralisme, éprouvent encore de sérieuses difficultés à être reconnues à leur juste valeur. Le souillé, le contaminé, le syncrétique et l’impur sont encore facilement vilipendés par les institutions religieuses. Pourtant, alors que ces logiques de pureté peuvent dangereusement alimenter différentes formes de fondamentalismes, d’autres manières novatrices, alternatives ou libérales d’être religieux naissent et mériteraient d’être reconnues, qu’elles se profilent à l’intérieur des cadres institutionnels traditionnels ou non.

Inspiré par des figures comme Gandhi, Martin Luther King Jr., Desmond Tutu ou Dom Elder Camara, Xavier se reconnaît dans la figure des intellectuels publics – à vouloir penser en homme d’action, et agir en homme de pensée – demeurant convaincu que le religieux est d’abord porteur de fraternisation, d’humanité, de générosité et d’estime devant l’autre. Or, contrairement aux guerres, bruyantes et révoltantes, la paix demeure surtout discrète et silencieuse… 

Xavier se trouve régulièrement appelé à intervenir dans l’espace public comme chroniqueur dans la presse écrite, à la radio et à la télévision ; à commenter certains événements religieux ; ou encore à donner des conférences sur les rapports religions, cultures et sociétés.