Recherche actuelle
Doctorat en géographie, Université de la Colombie-BritanniqueMarchés et biodiversité : mieux comprendre les politiques mondiales en matière de biodiversité
Ignorer jusqu'à contenu principal
jessica.dempsey@fondationtrudeau.net
Quoi de plus naturel pour une jeune environnementaliste idéaliste que de rêver de vivre à Écotopie. Encore étudiantes de premier cycle, Jessica Dempsey et deux de ses amies avaient donné ce nom à leur camp d'été écologiste axé sur la justice sociale. « Écotopie était pour les jeunes une zone de réflexion et d'actions critiques, créatives et collectives sur des enjeux socio-environnementaux. Pour moi, ce fut une occasion exceptionnelle d'examiner, de bâtir et de mettre en pratique mes convictions. »
En plus d'effectuer des recherches universitaires sur les politiques environnementales, Jessica Dempsey a participé à l'élaboration de politiques de développement communautaire en Colombie-Britannique, a agi en tant qu'experte-conseil auprès des membres des Premières nations de l'île de Vancouver, et a milité en faveur d'une gestion communautaire de la forêt, tant au Canada que sur la scène mondiale. Elle est la co-fondatrice d'un groupe de revendication, l'Alliance pour la convention sur la diversité biologique, un réseau de groupes de la société civile qui cherche à rendre plus démocratique et plurielle la Convention sur la diversité biologique, ce mécanisme de détermination des politiques et des lois de l'ONU, qui est loin d'être un modèle parfait d'institution démocratique. « L'Alliance croit que les politiques mondiales devraient représenter un large éventail d'acteurs, pas seulement défendre les intérêts des seules élites du Nord. »
Abordant le sujet de la perte dramatique de notre biodiversité, ses recherches de doctorat examineront l'importance croissante des politiques de conservation axées sur le marché. Elle se penchera plus précisément sur les enjeux relatifs aux compensations en matière de biodiversité qui s'articulent sur le modèle de réduction des émissions de carbone. Ces compensations sont des initiatives de conservation conçues pour contrer les effets négatifs sur la biodiversité de projets de développement. Ainsi, un promoteur immobilier qui détruirait un marécage pourrait-il compenser cette perte en achetant des crédits de biodiversité à un propriétaire foncier faisant du reboisement ou préservant un habitat faunique ailleurs.
« Nous savons qu'une quantité incroyable d'espèces est en train de disparaître de notre planète, déplore-t-elle, mais comment aborder cet enjeu dans le respect des valeurs d'équité sociale et de justice ? » Motivée par cette quête d'une conservation de la biodiversité équitable, Jessica Dempsey examinera la manière dont ces compensations se concrétisent sur le terrain. De quelle façon la biodiversité est-elle échangée et valorisée ? La disparition d'une espèce à un endroit donné peut-elle être compensée par la conservation d'une autre ? À qui revient le rôle de déterminer si l'échange est nécessaire et juste ? » Elle est persuadée que les activités de réseautage et de mentorat de la Fondation lui permettront non seulement de dépeindre le paysage politique avec plus de justesse, mais également de l'améliorer.
Marchés et biodiversité : mieux comprendre les politiques mondiales en matière de biodiversité.
Dans le cadre de sa recherche, Mme Dempsey examine comment la logique des marchés est devenue la solution politique consensuelle pour la conservation de la biodiversité sur la planète. Elle étudie également les répercussions liées aux changements des connaissances et des cadres de travail scientifiques qui sous-tendent un tel changement de politique. Sa thèse, en cours d'achèvement, aborde un point de vue riche et nuancé de ce qu'elle appelle l'« appareil de biodiversité mondiale », en référence aux réseaux d'élite, aux connaissances et aux structures de financement qui conçoivent de plus en plus les pertes de la biodiversité comme une question de « risques et occasions d'affaires. » Plus précisément, elle décrit : (1) la montée du concept d'écoservice, sa relation avec le relativement « nouveau » concept de biodiversité et les débats ou défis qui entourent la question de l'évaluation ; (2) la production de pertes de la biodiversité conçues comme un risque matériel financier ; et (3) les tentatives de transformer la biodiversité en actifs négociables à l'échelle mondiale, qui peuvent donner lieu à du capital pour la conservation.
Options de page