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Doctorat en relations internationales, Université d'Oxford
Comprendre la « Responsabilité de protéger » : évolution, interprétation et mise en œuvre de cette notion dans le contexte de la guerre contre le terrorisme, 2001-2007
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maria.banda@fondationtrudeau.net
Doctorat en relations internationales, Université d'Oxford
Comprendre la « Responsabilité de protéger » : évolution, interprétation et mise en œuvre de cette notion dans le contexte de la guerre contre le terrorisme, 2001-2007
Maria Banda s'intéresse depuis longtemps aux normes concernant la responsabilité mondiale dans le domaine des droits humains et de l'environnement. « Je me suis fait dire que c'était perdre son temps que de faire de la recherche sur la sécurité humaine » se rappelle cette diplômée de l'Université de Toronto. « On m'a dit aussi que la sécurité nationale - le pain et le beurre des relations internationales - était le fin mot de l'histoire. Il semblait clair, toutefois, qu'un changement important commençait à se faire sentir dans les milieux politiques. En fait, le monde était prêt à adopter un nouveau régime. »
La responsabilité de protéger est le sujet de thèse qui s'est imposé à elle quand elle est allée à Oxford comme boursière de la Fondation Rhodes. « La responsabilité de protéger était la nouvelle trouvaille de la diplomatie canadienne consacrée à la sécurité humaine », explique-t-elle « et cela ouvrait des perspectives sur un domaine des relations internationales où il était urgent d'établir de nouvelles règles de conduite pour l'État. » Ce principe - voulant que la communauté internationale ait le devoir de protéger ceux qui sont menacés des pires violations desdroits humains - avait été adopté au Sommet mondial des Nations Unies en 2005. Il n'en demeure pas moins qu'on le reconnaît surtout en ne le respectant pas.
Au-delà de l'analyse de ce problème de conformité, Maria Banda espère que l'étude de l'évolution politique et juridique de la notion de responsabilité de protéger peut fournir de plus amples enseignements à la diplomatie canadienne - par exemple, comment la mise sur pied d'une coalition internationale ainsi que l'exercice du droit international pourraient servir à préserver et à défendre le bien-être mondial. Ayant travaillé avec un certain nombre d'organisations internationales, Maria Banda considère que ces stratégies pourraient avoir une portée considérable sous l'égide du Canada. « Ce qui est vrai de la responsabilité de protéger s'applique également à la manière dont nous traitons du changement climatique ou des pratiques des grandes entreprises dans les pays en voie de développement » remarque-t-elle. « Nous ne pouvons fermer les yeux sur ce qui se passe au-delà de nos frontières. Dans un monde où la sécurité, le développement durable et les droits humains sont étroitement reliés, il ne s'agit plus seulement d'agir en bons citoyens du monde : il s'agit simplement d'intelligence politique. »
Comprendre la « Responsabilité de protéger » : évolution, interprétation et mise en œuvre de cette notion dans le contexte de la Guerre contre le terrorisme, 2001-2007
Comment a-t-on interprété la responsabilité de protéger depuis 2001, comment l'a-t-on mis en œuvre et pourquoi ? Entre les promesses faites par les États et les gestes qu'ils posent pour protéger les civils de la violence, il reste de vastes zones où les populations vivent dans l'insécurité la plus complète : c'est le cas au Soudan ou dans le Nord de l'Ouganda, par exemple. La réponse des acteurs devant les crises humanitaires - et les raisons qui expliquent l'écart considérable entre la théorie et les pratiques d'intervention - renvoie à la manière dont la communauté internationale conçoit aujourd'hui la responsabilité de protéger, et cela dans tous ses aspects. Ce principe, accepté par les leaders internationaux en 2005, affirme que la communauté internationale a l'obligation de protéger les populations civiles de la violence dans les cas d'urgences humanitaires, quand leurs propres États ne peuvent ou ne veulent pas le faire. Sur le terrain, cet engagement solennel a cependant souvent été ignoré. En faisant appel à la fois à des connaissances en relations internationales et en droit, l'objectif de la thèse de doctorat de Maria Banda est de faire avancer le débat théorique comme le débat politique en se demandant pourquoi et comment la responsabilité de protéger a été interprétée et mise en œuvre dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Elle s'intéresse en particulier à la dimension canadienne de cette question, étant donné le rôle diplomatique important d'Ottawa dès la naissance de l'idée de responsabilité de protéger. Dans la mesure où il existe un écart important entre le plaidoyer du Canada en faveur de cette notion et la timidité de ses réactions devant certaines atrocités, cette étude essaiera de déterminer si nous ne devons pas aujourd'hui consolider ce qui a jusqu'ici constitué notre tradition d'internationalisme libéral.
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