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Madame Lightfoot (Anishinaabe, bande ojibwée du lac Supérieur, baie de Keweenaw) est une universitaire de renommée mondiale spécialisée dans les droits des peuples autochtones, la politique mondiale et les politiques publiques. Elle est professeure au département de sciences politiques et à l’École Munk des affaires mondiales et des politiques publiques de l’Université de Toronto.
Madame Lightfoot est actuellement vice-présidente, membre nord-américaine et ancienne présidente du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies. Elle est la première femme autochtone du Canada à occuper ce poste.
Ses recherches portent sur les relations entre les peuples autochtones et les États, la mise en œuvre des cadres relatifs aux droits des peuples autochtones et la manière dont l’autodétermination des peuples autochtones refaçonne la politique mondiale. Elle est l’auteure de Global Indigenous Politics: A Subtle Revolution (2016) et, en 2024, elle a coédité Indigenous Peoples and Borders (Duke University Press) et The Handbook of Indigenous Public Policy (Edward Elgar). Ses travaux universitaires ont été largement publiés dans des revues de premier plan et des ouvrages collectifs, et sont réputés pour leur capacité à faire le lien entre les connaissances théoriques et leur pertinence politique.
Madame Lightfoot a préalablement été détentrice d’une Chaire de recherche du Canada en droits et politique autochtones mondiaux à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), où elle a également été conseillère principale du président sur les affaires autochtones et a dirigé la création du plan stratégique autochtone de l’UBC. Elle est membre du Collège des nouveaux chercheurs de la Société royale du Canada et a reçu de nombreux prix et subventions de recherche importantes.
La recherche menée par Madame Lightfoot dans le cadre de sa bourse, intitulée « La défense des droits autochtones dans un monde post-multilatéral : adaptation stratégique et leadership canadien », examine comment les mouvements autochtones réajustent leur défense alors que l’ordre international fondé sur des règles se fragmente. S’appuyant sur les travaux novateurs de Madame Lightfoot portant sur les droits autochtones en tant que normes internationales transformatrices, le projet s’interroge sur la manière dont ces normes survivent, évoluent ou s’érodent dans un contexte de conflits géopolitiques, de tensions budgétaires à l’ONU et de montée du populisme, et sur la manière dont le Canada peut exercer un leadership fondé sur des principes tout en mettant en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
La recherche met de l’avant une nouvelle perspective conceptuelle, la défense des droits post-multilatéraux, pour analyser le passage d’une diplomatie centrée sur l’État à des stratégies décentralisées, transnationales et autochtones, notamment la diplomatie numérique, les alliances plurilatérales et les coalitions thématiques (p. ex., le climat et la biodiversité). Une étude comparative couvre le Canada, l’Aotearoa (Nouvelle-Zélande), l’Australie, les pays nordiques (Sápmi) et certains contextes autoritaires, reflétant ainsi la diversité des environnements et des contraintes en matière de gouvernance.
Les méthodes utilisées intègrent une analyse qualitative, juridique et politique à une enquête sur le terrain : entretiens avec des élites, notamment des dirigeants autochtones, des fonctionnaires des Nations Unies, des diplomates et des décideurs politiques; analyse d’archives et de documents des Nations Unies et d’États; examen jurisprudentiel de la mise en œuvre nationale de la DNUDPA; et observation participante dans des forums multilatéraux et régionaux et des caucus autochtones. Cette approche mixte garantit une profondeur empirique, une innovation théorique et une pertinence pratique.
Les buts et objectifs sont les suivants : (1) documenter les adaptations stratégiques dans un contexte de tension institutionnelle; (2) théoriser le plaidoyer post-multilatéral comme un mode résilient d’engagement en faveur des droits; (3) évaluer les répercussions pour la politique étrangère du Canada et la cohérence nationale en ce qui concerne la DNUDPA; et (4) fournir des résultats pratiques, des notes d’orientation, des outils de plaidoyer et un cadre comparatif pour les organisations autochtones et les décideurs politiques.
Parmi les retombées attendues figurent la première représentation interrégionale de l’adaptation stratégique autochtone, des modèles affinés de responsabilisation au-delà des instances traditionnelles des Nations Unies et des orientations concrètes pour renforcer la participation autochtone, protéger les droits dans un contexte de recul démocratique et positionner le Canada comme un acteur constructif et défenseur des droits dans le renouvellement de la gouvernance mondiale.