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Sara Ferwati est doctorante en épidémiologie à l’Université de Toronto et épidémiologiste en santé mentale, spécialisée dans le renforcement des systèmes publics qui soutiennent les communautés en situation de crise. Sa recherche doctorale examine comment le suivi du suicide et de la santé mentale peut être amélioré dans les régions nordiques et circumpolaires, en particulier au Nunavut, où elle travaille aux côtés de partenaires inuit, de cliniciens et d’acteurs décisionnels afin de mettre en place des systèmes de données à la fois rigoureux et adaptés aux priorités communautaires.
Formée à l’origine en biochimie et en biologie du cancer, Sara s’est tournée vers la santé publique dans le but d’avoir un impact à l’échelle des systèmes. Son travail doctoral est étroitement nourri par son rôle au sein du gouvernement du Nunavut, où elle contribue à l’élaboration de mécanismes de suivi de la santé mentale à l’échelle populationnelle et à la production de données probantes pertinentes pour les politiques publiques.
Au-delà de la recherche, Sara apporte à son travail une perspective créative et axée sur la communauté. Elle a cofondé un organisme national sans but lucratif consacré à l’action climatique, qui a accompagné de jeunes leaders partout au Canada, et continue d’explorer les liens entre les changements environnementaux, l’identité et le bien-être à travers des projets artistiques collaboratifs alliant narration et arts visuels. Ayant grandi entre la Syrie, Oman, l’Arabie Saoudite et le Canada, elle apporte à son travail une perspective interculturelle. En dehors de la recherche, on peut souvent la retrouver en train de cuisiner pour des ami·e·s, de pratiquer la boxe ou de s’entraîner pour son prochain marathon.
Le Nunavut est confronté à l’un des taux de suicide les plus élevés au monde, près de dix fois supérieur à la moyenne canadienne. Les Inuits constituent la majorité de la population et sont touchés de manière disproportionnée. Les dirigeants inuits ont appelé à la mise en place de données gérées par les Inuits et de systèmes de surveillance coordonnés pour soutenir les efforts de prévention du suicide et de promotion de la vie. Pourtant, la plupart des recherches existantes sont qualitatives, les études épidémiologiques demeurent limitées et aucun ensemble de données intégré ne permet actuellement d’analyser en continu les tendances en matière de suicide et les facteurs sanitaires et sociaux associés. Cette étude vise à renforcer la surveillance du suicide au Nunavut en établissant, pour la première fois, un lien entre les données sanitaires, sociales et de mortalité. Cette approche intégrée permet de réaliser une analyse quantitative des indicateurs de suicide, du recours aux soins de santé et des facteurs de risque et de protection connexes, favorisant ainsi une prévention culturellement pertinente et fondée sur des données probantes.
Pour la première fois au Nunavut, cette étude établira une base de données factuelle intégrée, à l’échelle de la population, sur le suicide. L’application de méthodes épidémiologiques avancées dans un tel contexte est sans précédent et rend compte des priorités en matière de santé mentale des Inuits. La recherche produira des données pertinentes pour l’élaboration des politiques afin d’orienter les initiatives de prévention et de promotion de la vie menées par les Inuits, dans le but ultime de réduire le fardeau du suicide chez les Inuits du Nunavut. Elle renforcera également les outils de suivi adaptés au contexte et les capacités de surveillance. Au-delà du Nunavut, ce cadre épidémiologique pourra être adapté à d’autres régions autochtones et circumpolaires où la fragmentation des données entrave la prévention.