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Jeanne Mayrand-Thibert
Boursière 2026 Active

Jeanne Mayrand-Thibert  

Université de Toronto
PosteDoctoranteProgrammeDroit

Champs d'intérêt

Fière francophone de Montréal, Jeanne Mayrand-Thibert est doctorante en droit à l’Université de Toronto, où sa recherche porte sur le droit criminel et les violences genrées. Elle examine la capacité du droit criminel à répondre à ce genre de violence, ainsi que le potentiel de réponses communautaires situées hors du système de justice pénale.

Après des études en science politique et en sociologie à l’Université McGill, Jeanne a complété son baccalauréat en droit à la même université, où elle a reçu la médaille d’or pour le plus haut rendement académique. Elle a effectué son stage du Barreau du Québec comme Fellow à la Commission du droit du Canada et agi comme auxiliaire juridique à la Cour suprême du Canada, dans le cabinet de l’honorable Malcolm Rowe.

À travers les années, ses intérêts académiques et son engagement communautaire ont été guidés par une même préoccupation : mieux comprendre et limiter les injustices du système pénal. Jeanne s’est impliquée dans divers projets communautaires auprès de personnes en situation d’itinérance, de victimes de profilage racial et d’hommes anciennement incarcérés. Ses publications, qui portent sur des thèmes similaires, sont apparues dans la Revue de droit de McGill et le Osgoode Hall Law Journal.

Le public au-delà de l'État: théorisation des réponses publiques à la violence fondée sur le genre

Les victimes de violence fondée sur le genre (VFG), incluant la violence conjugale et sexuelle, font face à d’importants obstacles dans le système de justice pénale canadien. Leur participation est limitée, les acteurs du système peuvent être insensibles, et la responsabilisation des auteurs de violence n’est pas assurée. Les taux de VFG au Canada sont aussi préoccupants : une femme sur trois déclare avoir été agressée sexuellement depuis l’âge de quinze ans et une femme sur cinq déclare avoir été victime de violence conjugale à l’âge adulte. Ces constats invitent à s’interroger sur la capacité du droit criminel à prévenir et répondre à la VFG.

Cette question divise les juristes féministes. Certaines soutiennent que le droit criminel est essential pour condamner la VFG. Selon elles, l’État, qui agit au nom des membres du public, est bien positionné pour protéger les intérêts des femmes vulnérables. D’autres avancent plutôt que le droit criminel est empreint d’injustices raciales systémiques et tend à perpétuer les torts plutôt qu’à les réduire. Elles privilégient des processus participatifs – comme la justice réparatrice – mieux alignés avec les besoins des victimes et des communautés. Sans renoncer à une préoccupation publique face à la VFG, ces féministes envisagent des réponses collectives hors du système de justice pénale.

Ma recherche porte sur ces thèmes, à savoir la relation entre le droit criminel, le concept du « public » et la VFG. Mon objectif est de répondre à la question suivante : Est-il possible ’envisager des réponses de nature publique à la VFG à l’extérieur du système de justice pénale?

Mon projet aura des retombées pratiques et académiques. Au niveau pratique, les dossiers de VFG sont souvent exclus des programmes de justice réparatrice administrés par les tribunaux, ce qui peut aller à l’encontre des intérêts des victimes qui préféreraient des procédures plus flexibles. En ce sens, ma recherche fournira une base théorique plus solide au mouvement qui prône des réponses communautaires à la VFG. Sur le plan académique, ma recherche contribuera au domaine de la théorie du droit pénal ainsi qu’au domaine de la théorie féministe du droit.