Rendez-vous dès maintenant sur l'intranet pour gérer et mettre à jour votre profil, vous connecter et collaborer en rejoignant des groupes d'intérêt, et accéder à des ressources essentielles telles que des politiques, des modèles et des guides utiles.
Connectez-vous dès maintenant
Angèle Poirier est doctorante à l’École supérieure de politiques publiques Johnson Shoyama à l'université de Régina. Elle est également titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en économie.
Née dans une famille francophone des Prairies canadiennes, Angèle est fière d'être fransaskoise. Dans sa vingtaine, elle était agricultrice céréalière dans le nord-est de la Saskatchewan. Aujourd’hui, elle met à profit son expérience agricole dans le cadre de ses études sur la chaîne d'approvisionnement en fruits et légumes du Canada.
Angèle s’investit dans sa communauté en tant que bénévole auprès de Bike Regina et de Regina Little Theatre. Pour le plaisir, elle aime cultiver des légumes, faire du vélo, et jouer de l’harmonica.
Le Canada est fortement dépendant des fruits et légumes non tropicaux importés. En 2023, le pays comptait sur les importations pour satisfaire 42 % de la demande totale en fruits et légumes non tropicaux, soit près du double du niveau de dépendance à l’importation enregistré en 1960 (23 %). Les trois quarts de ces importations non tropicales proviennent de seulement deux pays : les États-Unis et le Mexique. Cette forte dépendance vis-à-vis des importations (le fait de mettre toutes nos aubergines dans un seul – ou plutôt deux – paniers) constitue un véritable danger pour l’approvisionnement alimentaire du Canada et rend le système alimentaire vulnérable à de nombreux risques : les mauvaises récoltes dans d’autres pays, la volatilité des prix mondiaux, des chaînes d’approvisionnement longues et fragiles, et les guerres commerciales. Le paradoxe tient au fait que le Canada, riche en terres et en eau, cultive déjà bon nombre des mêmes fruits et légumes non tropicaux que nous importons actuellement à hauteur de plus de 7 milliards de dollars par an. Avec une production nationale suffisante à des prix compétitifs pour remplacer les importations de fruits et légumes non tropicaux, ces 7 milliards de dollars par an pourraient demeurer dans l’économie canadienne.
Cette étude qualitative a pour but d’identifier les politiques et les institutions nécessaires pour stimuler la production canadienne de fruits et légumes non tropicaux, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis les importations et renforçant notre système alimentaire.
QR1 : Comment le Canada, grand producteur alimentaire, est-il devenu fortement dépendant des importations de fruits et légumes?
QR2 : Quelles politiques et institutions permettraient d’accroître l’autosuffisance du Canada en fruits et légumes?
Le budget 2025 préconise la souveraineté comme la meilleure réponse du Canada face à l’incertitude mondiale. Remplacer les importations par la production canadienne, c’est la souveraineté en action. Cette étude contribuera à la souveraineté alimentaire du Canada en proposant un plan de gouvernance en vue d’assurer une plus grande autosuffisance en fruits et légumes. Les décideurs politiques et les acteurs du système alimentaire bénéficieront de données empiriques montrant comment des politiques et institutions spécifiques ont traditionnellement eu une influence sur la dépendance vis-à-vis des importations, et comment elles pourraient être réorientées pour garantir notre approvisionnement alimentaire grâce à une plus grande autosuffisance en fruits et légumes non tropicaux. À défaut d’un tel plan, le Canada risque de demeurer tributaire des importations, à un coût annuel de 7 milliards de dollars. À ce jour, les cadres Institutional Analysis and Development (IAD) et Social-Ecological Systems (SES) ont été appliqués au gaspillage alimentaire et à la transformation des aliments, mais jamais à l’autosuffisance alimentaire, que ce soit indépendamment ou par le biais du cadre combiné IAD-SES (CIS). L’application du CIS que je propose constitue une réponse élégante à cette lacune, car celui-ci tire sa force à la fois du cadre dynamique IAD et du cadre statique SES.