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Christopher Wilson est un futuriste culturel et artiste chercheur profondément engagé, fort d’une vaste expérience dans les secteurs des arts et de la culture et dans le milieu communautaire. Sa pratique, guidée par la curiosité et façonnée par les savoirs ancestraux autant que par des imaginaires résolument radicaux, s’inscrit dans un engagement clair envers des futurs où les personnes noires ne sont pas seulement visibles, mais véritablement entendues. Titulaire d’une maîtrise en design axée sur la prospective stratégique et l’innovation, et actuellement doctorant en études culturelles à l’Université Queen’s, il consacre ses recherches aux archives alternatives des enregistrements sonores noirs, couvrant la période des années 1960 au début des années 2000. Ses travaux récents témoignent d’une volonté soutenue d’explorer la manière dont nous concevons et mobilisons nos futurs collectifs afin de bâtir des communautés plus connectées, riches de sens et mieux outillées à faire face aux défis, comme aux potentialités, de l’avenir. Voir nos corps et nos voix dans le futur est un acte de connaissance, d’être et de devenir ; une invitation à repenser le passé et le présent comme des trajectoires de puissance, capables d’inspirer des avenirs possibles pour les personnes noires.
Les histoires de la diaspora noire au Canada demeurent souvent non documentées, vulnérables et dispersées dans des archives informelles. Bon nombre de ces récits n’ont jamais été conservés dans des institutions, mais ont plutôt été consignés sur des cassettes audio, des enregistrements d’improvisation collective dans des sous-sols, des fêtes de quartier, des émissions de radio et des événements communautaires où les immigrants noirs se rassemblaient pour trouver du sens, tisser des liens et imaginer de nouveaux avenirs. Ces cassettes ne sont pas des reliques nostalgiques; ce sont des supports technologiques de la mémoire sonore noire dont la fragilité matérielle témoigne de la précarité des histoires qu’elles portent. Ma recherche examine comment les cassettes audios ont fonctionné comme des lieux dynamiques de production culturelle noire entre les années 1960 et 2000, en préservant la mémoire communautaire, en transmettant des connaissances culturelles et en façonnant l’identité diasporique à travers les générations. En me fondant sur le concept d’« afro-modernité sonore » d’Alexander Weheliye, je positionne les pratiques sonores noires comme des modes de connaissance qui opèrent au-delà des limites de l’archive visuelle. Ces enregistrements rendent compte des aspects improvisés, fluides et relationnels de la vie noire, qualités que Stuart Hall considère comme essentielles à la production culturelle diasporique, façonnée par la tension, le mouvement et la négociation. Créées dans un contexte sociopolitique qui marginalisait systématiquement les voix noires, ces cassettes ont néanmoins nourri la conscience politique, l’expérimentation artistique et des formes transnationales d’appartenance enracinées dans les conditions changeantes de la décolonisation, de la migration et de la circulation médiatique mondiale. L’un des principaux résultats créatifs sera une exposition sonore mettant en application l’approche « conservateur-auteur » de Paul O’Neill, qui considère la pratique conservatrice comme une forme de paternité et de réflexion critique. L’exposition superposera des enregistrements d’archives à des réflexions contemporaines et à des récits spéculatifs, transformant les fragments sonores du passé en lieux vivants de mémoire et d’imagination. Des stations d’écoute interactives, des amorces de réflexion et des discussions animées inviteront les participants à réagir à l’environnement sonore, faisant de l’engagement du public un élément central de la recherche. J’organiserai des séances d’écoute publiques, des ateliers communautaires et des partenariats avec des organisations culturelles. Ces espaces serviront à la fois d’événements de diffusion et d’extensions participatives de la recherche, veillant ainsi à ce que les histoires sonores noires soient rendues aux communautés dont elles sont issues.