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Audrey Medwayosh
Boursière 2026 Active

Audrey Medwayosh  

Université de l'Alberta
PosteDoctoranteProgrammeÉtudes autochtones

Champs d'intérêt

Audrey Medwayosh est Anishinaabe (Potawatomi) et citoyenne de la Nation Wasauksing, située à Parry Sound, en Ontario. Elle est doctorante à la Faculté d’études autochtones de l’Université de l’Alberta. Ses recherches portent sur les soins de fin de vie destinés aux personnes autochtones vivant en milieu urbain. Ce travail repose sur la recherche participative menée avec les communautés et sur la recherche création, deux approches qu’elle conçoit comme des chemins porteurs de sens, culturellement pertinents, favorisant le développement communautaire et la guérison. Ses travaux s’inscrivent dans les cadres de la théorie autochtone critique, du féminisme autochtone, ainsi que dans des analyses du pouvoir inspirées, notamment, des réflexions de Michel Foucault sur le biopouvoir et d’Achille Mbembe sur la nécropolitique. Audrey Medwayosh est titulaire d’un baccalauréat en littérature anglaise et d’un baccalauréat spécialisé en anthropologie, tous deux obtenus à l’Université de la Colombie-Britannique. Elle a ensuite complété une maîtrise en sociologie à l’Université de l’Alberta, où son mémoire portait sur les expériences du deuil et de la perte chez les personnes autochtones en milieu urbain. En parallèle de ses recherches doctorales, elle s’engage activement dans des travaux visant la décolonisation des soins de santé destinés aux femmes autochtones, ainsi que dans l’élaboration et la mise en œuvre de programmes pour les personnes autochtones incarcérées, dans le cadre de plusieurs mandats de recherche.

Approches autochtones urbaines des soins funéraires

« La mort est le grand égalisateur » est une formule que j’ai souvent entendue lors de conférences portant sur les études de la mort à travers le monde. Cette affirmation néglige les expériences de la mort vécues par les personnes racialisées, qui sont victimes de manière disproportionnée de morts prématurées, violentes et évitables. Les pratiques funéraires de ces groupes diffèrent par le fait même de celles des personnes qui connaissent une « bonne mort », où l’accent est mis sur la réduction de la souffrance. Ma recherche doctorale pose les questions suivantes : 1) Quelles sont les pratiques funéraires en fin de vie pour les peuples autochtones urbains, notamment en cas de décès soudains et violents imputables à l’inégalité systémique et au racisme structurel?, et 2) En quoi les approches coloniales des soins funéraires contribuent-elles à l’effacement des Autochtones? Suivie de la sous-question complémentaire : 3) Comment les pratiques existantes en matière de soins funéraires pour les peuples autochtones urbains peuvent-elles être autochtonisées? Les questions de recherche trouveront leur réponse grâce à des méthodologies de recherche participative communautaire (RPC), faisant directement intervenir les membres de la communauté autochtone urbaine, ainsi qu’à travers des méthodes de création de recherche. La RPC favorisera l’appropriation du projet de recherche par la communauté, en plaçant au centre les modes de connaissance autochtones, ce qui permettra d’autochtoniser davantage les études sur la mort. Les perspectives autochtones sur les pratiques funéraires sont notablement absentes tant de la littérature que de la pratique, en particulier pour les peuples autochtones vivant en milieu urbain. La population autochtone urbaine est touchée de manière disproportionnée par les inégalités sociales, ce qui se traduit par des taux plus élevés de décès prématurés liés à des homicides, des suicides, des problèmes de santé évitables, la mortalité infantile et les accidents. La quasi-absence des Autochtones dans la recherche sur les pratiques funéraires souligne la nécessité de comprendre les approches autochtones en la matière, qui sont ancrées dans les épistémologies autochtones de la relationnalité.

Ma recherche apportera une contribution méthodologique et théorique à l’étude des soins funéraires autochtones au Canada, domaine dans lequel il n’existe pratiquement aucune étude. Cette recherche aidera à identifier ce qui est nécessaire et possible pour des personnes dont la mort est souvent étroitement liée au colonialisme, aux traumatismes intergénérationnels, ainsi qu’au deuil privé de reconnaissance et à la perte ambiguë. Mon travail fera également progresser la compréhension autochtone de la guérison et du deuil. Le travail sur la mort pour les peuples autochtones n’est pas une occasion de perpétuer une recherche réductrice et axée sur les déficits, mais plutôt un moyen de s’engager dans des pratiques de guérison culturellement pertinentes. Enfin, la recherche collaborative et engagée auprès de la communauté place cette dernière au premier plan et est essentielle pour unir les membres des communautés autochtones urbaines.