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Célia Bensiali-Hadaud
Boursière 2026 Active

Célia Bensiali-Hadaud  

Université Concordia
PosteDoctoranteProgrammeScience politique

Champs d'intérêt

Célia Bensiali-Hadaud est doctorante en science politique à l’Université Concordia et membre de l’Institut de recherche sur les migrations et la société. Ses recherches doctorales, portent sur la manière dont les villes globales au Canada et en Europe conçoivent et mettent en œuvre des politiques urbaines inclusives à l’égard des personnes migrantes, dans un contexte de durcissement des régimes migratoires nationaux et internationaux.

Avant d’entreprendre son doctorat, elle a travaillé au sein du Service de la diversité et de l’inclusion sociale de la Ville de Montréal, où elle a contribué à des initiatives visant à lutter contre l’insécurité résidentielle et à favoriser l’inclusion des populations en situation d’itinérance. Elle a également été chercheuse et coordonnatrice du partenariat international TRYSPACES, dans le cadre duquel elle a mené des recherches collaboratives et coordonné des équipes interdisciplinaires portant sur la participation des jeunes et des personnes migrantes à la vie publique urbaine dans plusieurs villes globales.

Femme immigrante engagée, elle s’intéresse aux conditions permettant de mieux articuler recherche et action publique dans le but de soutenir l’élaboration de politiques urbaines inclusives et socialement justes. Ses travaux sont soutenus par une bourse doctorale du CRSH et la Bridging Divides Fellowship.

Reconfigurer la citoyenneté urbaine : cartes d’identité municipales et gouvernance multiniveaux à Montréal, Barcelone et Copenhague

Ma thèse porte sur les initiatives de cartes d’identité municipales, créées pour permettre aux résident·e·s sans statut ou à statut migratoire précaire — demandeurs et demandeuses d’asile, personnes déboutées, titulaires de permis temporaires limités, étudiant·e·s étranger·ère·s exclu·e·s de nombreux services, personnes dont le visa a expiré — d’accéder à des services municipaux essentiels. Introduits dans des villes américaines dès la fin des années 2000, ces dispositifs ont gagné en importance au cours de la dernière décennie, dans un contexte de durcissement des politiques nationales d’immigration (Fogelman, 2024). Leur essor repose en partie sur des réseaux municipaux régionaux et internationaux, mobilisés par les villes pour affiner leurs stratégies et renforcer leur poids politique.

La littérature s’est concentrée sur les effets de ces réseaux dans les politiques d’intégration européennes (Gebhardt et Güntner, 2022; Caponio, 2021, 2022; Lacroix, 2021). En revanche, peu de travaux examinent leur rôle dans des projets locaux qui contestent, directement ou indirectement, les politiques nationales, comme les cartes d’identité municipales. Ma recherche comble cette lacune en comparant Montréal, Barcelone et Copenhague : trois villes connectées aux mêmes réseaux mais inscrites dans des configurations institutionnelles marquées par des rapports de force très différents.

L’objectif est d’analyser comment les réseaux régionaux et internationaux influencent la mise à l’agenda, la conception et le maintien de ces dispositifs, mais aussi d’évaluer si ces initiatives produisent des effets réels dans la gouvernance migratoire : amélioration de l’accès aux droits, redistribution de compétences, capacité à modifier les équilibres nationaux.

Trois axes structurent la recherche : 1) analyser l’impact des réseaux sur les stratégies municipales ; 2) comparer les trajectoires de villes membres des mêmes réseaux mais soumises à des contraintes nationales distinctes ; 3) examiner comment ces dispositifs peuvent reconfigurer les rapports de pouvoir entre municipalités et États.

Deux questions guident l’ensemble : comment les villes négocient-elles leurs ambitions locales dans des environnements nationaux et régionaux contraignants ? La participation aux réseaux renforce-t-elle leur capacité à adopter, maintenir ou faire évoluer ces dispositifs ? J’avance comme hypothèse exploratoire que l’effet des cartes dépend de la configuration multiniveaux propre à chaque pays et des relations que les villes activent au sein des réseaux.