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Doctorant à l’École nationale d’administration publique (Québec) et à l’Institut de hautes études en administration publique (Lausanne), Étienne Chénier-Laflèche analyse comment l’intégration de l’intelligence artificielle transforme la prise de décision publique et la responsabilité humaine qui l’accompagne. À l’intersection du droit et de l’administration publique, il étudie la supervision managériale des systèmes d’IA et les conditions d’un usage conforme à l’intérêt public, à l’État de droit et aux normes relatives aux droits humains.
Étienne est titulaire d’une maîtrise en droit (New York University, Fulbright Scholar) et de baccalauréats en droit et en relations internationales et droit international (Université du Québec à Montréal). Il est membre du Barreau du Québec et a été auxiliaire du juge Richard Wagner à la Cour suprême du Canada.
Spécialiste des droits humains, il a travaillé avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en Haïti et le Comité international de la Croix-Rouge en Éthiopie, au Myanmar et en Suisse. Il a aussi collaboré avec de nombreuses organisations de la société civile d’Amérique latine et des Caraïbes. Il a reçu le prix « Avocat de l’année – carrière alternative » de l'Association du Jeune Barreau de Montréal pour son excellence professionnelle et son engagement communautaire.
Le gouvernement canadien s’est doté en mars 2025 d’une stratégie pour l’adoption responsable, sécuritaire et accélérée de l’intelligence artificielle (IA) au sein de la fonction publique. Ce faisant, il cherche à exploiter le potentiel de l’IA tout en évitant ses écueils, tels que l’opacité des décisions et la reproduction de biais. Plusieurs initiatives, dont l’adoption de la Directive sur la prise de décisions automatisées et la signature de la Convention-cadre sur l’IA et les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit, soulignent la nécessité d’un contrôle humain rigoureux de l’IA.
Ce projet portera sur la supervision de l’IA par les gestionnaires publics dans la gestion des ressources humaines. Ce champ est stratégique : les outils d’IA automatisent ou influencent des décisions qui touchent directement les droits, les carrières et la gestion du personnel. Pourtant, les compétences nécessaires pour exercer ce contrôle demeurent peu étudiées et mal définies, ce qui en compromet l’effectivité.
L’objectif principal du projet est de définir ce que signifie concrètement « superviser » l’IA et d’évaluer cette supervision dans le contexte administratif. Il identifiera les connaissances, compétences et conditions organisationnelles requises pour assurer une supervision conforme aux normes éthiques, juridiques et techniques. En s’intéressant à la manière dont les gestionnaires perçoivent et exercent ces fonctions, il contribuera à comprendre comment préserver une gouvernance humaine de l’IA dans la fonction publique. Cette question touche à un enjeu démocratique essentiel : comment garantir que l’usage de l’IA demeure guidé par l’intérêt public, plutôt que par une logique algorithmique échappant aux exigences propres à l’État de droit.
L’impact attendu est double. Sur le plan scientifique, le projet contribuera à conceptualiser la notion de supervision humaine et à identifier les compétences et connaissances nécessaires à sa mise en œuvre. Sur le plan pratique, il offrira aux décideurs des repères pour développer des projets d’IA responsables, renforçant l’État de droit et promouvant une transformation numérique respectueuse de l’intérêt public. Il contribuera également de manière originale aux débats sur l’opérationnalisation des cadres éthiques et sur l’adoption de normes fédérales et provinciales encadrant l’IA.