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Gillian McKay, Ph. D. est infirmière, praticienne en santé mondiale et spécialiste en sciences sociales. Ses travaux portent sur la manière dont les données sont générées, interprétées et mobilisées dans les contextes humanitaires et épidémiques. Boursière de la Fondation Pierre Elliott Trudeau en 2016, elle a obtenu son doctorat en santé publique à la London School of Hygiene & Tropical Medicine en 2022, où ses recherches ont porté sur l’intégration des sciences sociales et comportementales dans les systèmes de réponse aux épidémies et d’urgence sanitaire. Ses travaux ont porté sur la façon dont les connaissances, la confiance et le pouvoir façonnent l’engagement communautaire et l’efficacité des interventions de santé publique.
Sa carrière de chercheuse s’étend à la fois au milieu universitaire et au milieu opérationnel. Elle a contribué à des recherches qualitatives et mixtes en Afrique occidentale et centrale, notamment en collaborant avec l’Organisation mondiale de la Santé lors des efforts de lutte contre le virus Ebola dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, et plus tôt dans le cadre de programmes humanitaires en Sierra Leone avec l’organisme GOAL. Ces expériences nourrissent son intérêt constant envers les dimensions politiques et éthiques de la recherche en santé dans les contextes de crise.
Dans le cadre du programme Research for Health in Humanitarian Crises (Recherche pour la santé dans les crises humanitaires) d’Elrha, elle a dirigé et organisé des portefeuilles de recherche mondiaux couvrant le climat et la santé, les maladies non transmissibles, la santé et les droits sexuels et reproductifs, de même que la réponse aux épidémies, en soutenant des recherches rigoureuses et pertinentes sur le plan politique en partenariat avec des institutions locales. Elle est aujourd’hui directrice du centre humanitaire What Works, une initiative conjointe avec le Comité international de secours qui vise à synthétiser et à déployer à grande échelle des solutions fondées sur des données probantes dans l’ensemble du système humanitaire.
Son travail est axé sur l’équité, la recherche locale et le renforcement des liens entre la connaissance et l’action dans des contextes fragiles.
Ma recherche doctorale a examiné la façon dont les connaissances, le pouvoir et l’action communautaire façonnent les systèmes de réponse aux épidémies. Dans le cadre de deux études de cas qualitatives portant sur l’épidémie d’Ebola de 2014-2016 en Sierra Leone et celle de 2018-2020 dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, j’ai analysé comment les perspectives communautaires étaient comprises, mises en œuvre et, parfois, mises de côté dans le contexte des architectures formelles de réponse aux épidémies.
La première étude de cas a exploré les expériences des femmes en matière d’accès aux services de santé sexospécifiques pendant l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, en ayant recours à des entretiens approfondis pour examiner comment la peur, la confiance, les rôles de soins et les normes sociales ont façonné les comportements en matière de santé dans un contexte de perturbation grave du système. Ce travail a démontré comment les mesures de lutte contre l’épidémie se recoupent les inégalités sexospécifiques existantes, amplifiant souvent les obstacles aux soins.
La deuxième étude de cas a porté sur l’institutionnalisation des mécanismes de « rétroaction communautaire » lors de la riposte à l’épidémie d’Ebola dans le Nord-Kivu. À partir d’une analyse documentaire et d’entretiens avec des acteurs humanitaires et de santé publique, j’ai retracé la manière dont les données générées par la communauté ont circulé (ou stagné) au sein des structures décisionnelles. Cette analyse a révélé les tensions entre les logiques technocratiques de lutte contre les épidémies et les approches participatives, et a remis en question l’hypothèse selon laquelle la simple collecte des commentaires de la communauté conduit à une réactivité significative.
Dans l’ensemble, la thèse soutient que les communautés ne sont pas des destinataires passifs de la réponse à l’épidémie, mais des producteurs actifs de connaissances. Cependant, les caractéristiques structurelles de la gouvernance d’urgence limitent souvent la manière dont ces connaissances sont valorisées et mises en œuvre. Ce travail contribue aux débats sur l’engagement communautaire, la justice épistémique et l’intégration des sciences sociales et comportementales dans les systèmes d’urgence sanitaire.