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Krista Macaulay est chercheuse communautaire et urbaniste œuvrant dans les domaines de l’agriculture et des systèmes alimentaires. Elle poursuit actuellement un doctorat en géographie à l’Université Simon Fraser, avec l’appui d’une bourse doctorale du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). Ses recherches mobilisent l’alimentation comme prisme pour révéler la manière dont les logiques de marché structurent la terre, le travail et les moyens de subsistance. Elle s’intéresse particulièrement à ce que les systèmes alimentaires permettent de comprendre des dynamiques institutionnelles et idéologiques qui façonnent la façon dont les personnes perçoivent, négocient et mettent en pratique leur vie quotidienne, ainsi qu’aux types de transformations que cela rend possibles.
Ces intérêts s’inscrivent dans plus de dix ans de pratique interdisciplinaire, notamment dans son rôle de directrice principale et de membre copropriétaire de Tapestry Collective Co-op, une coopérative de travail spécialisée en planification et en recherche. Par l’entremise de Tapestry, Krista collabore avec des organismes sans but lucratif, des communautés autochtones, des partenaires privés et des gouvernements sur des enjeux liés à la sécurité alimentaire, à la conservation, à l’aménagement du territoire et au développement communautaire. Ces travaux comprennent l’élaboration de cadres de politiques alimentaires, le soutien à des pôles alimentaires régionaux, ainsi que l’accompagnement dans les espaces de planification et de gouvernance où se croisent alimentation, terres et moyens de subsistance.
Ses recherches et sa pratique sont ancrées dans les communautés dont elle fait partie et envers lesquelles elle est redevable, et reposent sur l’imaginaire collectif, où le fait de « penser autrement » est mis à l’épreuve, négocié et intégré à la vie quotidienne.
La nourriture est plus qu’un simple moyen de subsistance : la nourriture est le reflet de la façon dont nous vivons, interagissons et imaginons le monde. Cette recherche suit la filière bovine en Colombie-Britannique afin de comprendre la façon dont l’alimentation, la terre et le travail sont réorganisés par les marchés capitalistes, et comment les personnes, les moyens de subsistance et les communautés gèrent les contradictions que cela engendre. Si l’élevage bovin est depuis longtemps le pilier des économies régionales et de la vie rurale, son avenir est de plus en plus précaire. La hausse des coûts de l’alimentation animale et des terres, la volatilité des marchés, la consolidation des transformateurs, ainsi que les sécheresses et les incendies liés au climat mettent à rude épreuve un secteur déjà fragile. Dans le même temps, le bœuf revêt une charge culturelle conséquente : pour certains, il incarne le patrimoine, l’autonomie et une identité liée à la terre; pour d’autres, il symbolise la crise écologique et la surconsommation. Ces tensions révèlent les contradictions fondamentales du capitalisme, où la valeur et la vertu sont continuellement redéfinies par les marchés et où la survie dépend de systèmes qui sapent leurs propres fondements socio-écologiques.
Le bœuf n’est donc pas seulement une marchandise, mais aussi un terrain idéologique où les gens négocient leurs relations à la terre, au travail et les uns aux autres. Ses significations varient selon les contextes urbains et ruraux — du renouveau, fondé sur le bien-être, de la consommation de suif et de la cuisine « du museau à la queue », à l’élevage en tant que gestion responsable et identité, en passant par l’économie politique du végétarisme et des marchés moraux. En suivant le bétail à travers les chaînes d’approvisionnement des régions de Cariboo-Chilcotin, de Thompson et de la vallée du Fraser, ce projet examine comment les significations se propagent et comment le risque, la bienveillance et la coopération sont vécus tant au sein de l’agro-industrie mondiale que dans les imaginaires ruraux.
La recherche poursuit quatre objectifs : cartographier les flux matériels du bétail et de la viande bovine à travers la Colombie-Britannique pour montrer comment la production locale s’articule avec les systèmes mondiaux; documenter les expériences vécues par des entretiens avec des éleveurs, des transformateurs et des décideurs politiques; analyser les significations culturelles et morales de la viande bovine en tant que marchandise et symbole; et identifier les leviers d’action pour les politiques et les pratiques qui renforcent la transformation régionale, la résilience communautaire et la protection de l’environnement.
Ce projet permettra de clarifier comment les pressions exercées par le système alimentaire mondial se font sentir et sont réinterprétées dans les zones rurales de la Colombie-Britannique. Grâce à la diffusion collaborative des résultats – sous forme de présentations, de cartes visuelles et de notes d’orientation –, il facilitera la prise de décision pratique et renforcera les relations entre les décideurs politiques et les communautés. Plus largement, le projet recadre l’alimentation en tant que système social et écologique, offrant de nouvelles façons d’envisager des avenirs plus équitables et durables.