Fondation Pierre Elliot Trudeau
Information

Êtes-vous membre
de la communauté ?

Rendez-vous dès maintenant sur l'intranet pour gérer et mettre à jour votre profil, vous connecter et collaborer en rejoignant des groupes d'intérêt, et accéder à des ressources essentielles telles que des politiques, des modèles et des guides utiles.

Makda Habtegergesa
Boursière 2026 Active

Makda Habtegergesa (elle)

Université de Calgary
PosteDoctoranteProgrammeScience politique

Champs d'intérêt

Makda (elle) est une chercheuse de première génération et doctorante en science politique à l’Université de Calgary. Ses recherches s’appuient sur la théorie de l’intersectionnalité pour examiner comment la présence de femmes racisées au Parlement du Canada façonne les priorités législatives, les débats de politiques publiques ainsi que les dynamiques de réactivité politique et d’inclusion de l’électorat, en particulier des femmes racisées.

Son travail est nourri par un engagement soutenu dans des milieux communautaires, notamment au sein de la communauté érythréenne de Calgary, où ses intérêts académiques sont étroitement liés à des expériences vécues d’inclusion politique, de réactivité des politiques publiques et de qualité démocratique. En ancrant ses recherches à la fois dans l’analyse institutionnelle et l’engagement communautaire, Makda cherche à mieux comprendre comment les institutions démocratiques peuvent refléter et servir plus efficacement une société de plus en plus diverse.

Makda est récipiendaire d’une bourse doctorale du CRSH (SSHRC) ainsi que du Distinguished Doctoral Recruitment Award. Elle détient une maîtrise en politiques publiques de l’Université Simon Fraser, pour laquelle elle a également reçu une bourse de maîtrise du CRSH, ainsi qu’un baccalauréat en arts (avec distinction de première classe) en science politique, avec une mineure en français, de l’Université de Calgary. Souhaitant renforcer sa maîtrise du français, elle a effectué une année de ses études de premier cycle à l’Université Laval, à Québec.

De la candidature à la Chambre des communes : retracer la politique de la représentation intersectionnelle au Canada

Mon projet de recherche doctorale s’intéresse à la façon dont les femmes issues de minorités raciales au Canada accèdent à la représentation politique, y évoluent et la remodèlent au fil des étapes de la candidature, de la participation parlementaire et de l’articulation des politiques. Si le Parlement est au cœur de la démocratie représentative canadienne, sa composition continue de révéler des inégalités persistantes. Alors que les chercheurs ont analysé la représentation en termes de genre et de race, rares sont ceux d’entre eux qui ont adopté une perspective intersectionnelle qui examine la façon dont ces identités interagissent pour produire des expériences politiques distinctes. Mon projet comble cette lacune en retraçant le parcours de représentation des femmes issues de minorités raciales dans la politique fédérale canadienne.

Le projet débute par une revue systématique de la manière dont l’intersectionnalité a été conceptualisée et appliquée en sciences politiques. Cette revue permet de cartographier le domaine, en identifiant les intersections qui ont été examinées de façon empirique et celles qui demeurent négligées. Elle fournit l’assise théorique et méthodologique des chapitres empiriques qui suivent, veillant ainsi à ce que l’intersectionnalité sous-tende chaque étape de la recherche plutôt que de servir de prisme rétrospectif.

S’appuyant sur ces fondements, l’analyse empirique se déploie à travers trois études. La première vise à vérifier si les femmes issues de minorités raciales sont mises en candidature de manière disproportionnée dans des circonscriptions perdantes, selon un phénomène dit de « bouc émissaire », en évaluant le caractère inclusif des pratiques de recrutement des partis. La deuxième s’appuie sur une analyse computationnelle de textes issus des débats parlementaires (Hansard) pour examiner comment ces femmes articulent leurs priorités politiques et gèrent les normes institutionnelles au sein d’un espace traditionnellement exclusif. La troisième relie le comportement parlementaire aux données d’opinion publique afin d’évaluer si la représentation descriptive se traduit par une réactivité substantielle envers les électeurs des femmes issues de minorités raciales.

Les objectifs de cette recherche sont doubles : faire progresser l’intersectionnalité en tant que cadre analytique concret au sein de la science politique canadienne et générer des preuves empiriques systématiques sur la manière dont la race et le genre façonnent conjointement l’accès, l’influence et la responsabilité au Parlement. En plaçant les femmes issues de minorités raciales au centre en tant qu’actrices politiques crédibles, cette recherche fournit le premier compte rendu empirique intersectionnel complet de la représentation au sein du processus parlementaire canadien. Elle permettra de démontrer comment le Parlement peut évoluer pour incarner plus pleinement la diversité et la promesse démocratique de la société qu’il espère représenter. Au-delà du monde universitaire, ce travail vise à éclairer les stratégies de recrutement des partis, à soutenir une élaboration des politiques plus inclusive et à contribuer au dialogue public sur qui a sa place dans la démocratie canadienne et la façon dont la représentation peut être rendue plus réactive et plus juste.