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Taylor Wilson (elle/iel) est une chercheuse Ojibwe, Crie et Philippine originaire de Fisher River Cree Nation (Treaty 5), avec des liens aux Peguis First Nation (Treaty 1), Fairford First Nation (Treaty 2) et à la région ilocano des Philippines. Elle a grandi entre Fisher River et Winnipeg (Treaty 1) et vit et travaille actuellement sur le territoire traditionnel de la Nation xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), à Vancouver, tout en complétant un doctorat en Études intégrées des systèmes alimentaires et territoriaux à l’Université de la Colombie-Britannique.
Ses recherches portent sur la revitalisation des savoirs agricoles cris comme voies vers la souveraineté alimentaire autochtone, la justice écologique et le bien être communautaire. Ancré dans les méthodologies autochtones, la responsabilité relationnelle et les cadres anticoloniaux, son travail intègre des approches historiques et fondées sur le territoire afin de comprendre comment les politiques agricoles coloniales ont perturbé les systèmes alimentaires et de santé autochtones, et comment les communautés rétablissent aujourd’hui ces relations.
Forte d’une expérience en recherche communautaire, en évaluation et en éthique, le travail de Taylor place au centre l’autodétermination autochtone et la souveraineté des données afin de soutenir des programmes autodéterminés et des changements systémiques. Elle se décrit comme une apprenante, une personne à l’écoute et une aide, guidée par les enseignements de ses grands-parents, de ses mentors et des territoires qui continuent de façonner ses responsabilités envers la communauté et les générations futures.
Ma recherche doctorale examine comment la revitalisation des savoirs agricoles cris peut renforcer la souveraineté alimentaire, la renaissance culturelle et la santé communautaire au sein de la Nation crie de Fisher River, située sur le territoire du Traité n° 5 dans le nord du Manitoba. Ce projet examine comment la restauration des pratiques agricoles et de gestion des terres d’avant la colonisation peut soutenir une renaissance écologique et politique face aux perturbations coloniales persistantes.
L’étude part du principe que l’agriculture crie n’a jamais été perdue, mais tout simplement interrompue. Les politiques coloniales, comme les restrictions imposées à l’« agriculture paysanne » et les dispositions non respectées du traité relatives aux « vaches et aux charrues », visaient à démanteler les systèmes alimentaires autochtones et l’autosuffisance économique. Pourtant, les demandes historiques de la Nation crie de Fisher River concernant des terres agricoles, les jardins communautaires et le travail continu en faveur de la souveraineté alimentaire témoignent de résilience et d’adaptation. En mettant au cœur de la démarche les voix des aînés, des gardiens du savoir et des membres de la communauté, ce projet vise à documenter ces histoires et ces pratiques, à revitaliser la langue et les enseignements liés au territoire, et à co-créer des outils qui soutiennent la santé communautaire et la sécurité alimentaire.
Les objectifs sont triples :
Les impacts attendus sont à la fois locaux et structurels. Au niveau local, la recherche permettra de constituer des archives vivantes des connaissances agricoles, de renforcer les initiatives alimentaires communautaires et de favoriser l’apprentissage intergénérationnel. À l’échelle nationale, elle contribuera à l’éthique de la recherche autochtone, à la politique alimentaire et à la gouvernance environnementale. En fin de compte, ce travail redéfinit la souveraineté alimentaire non seulement comme une question écologique ou économique, mais aussi comme une voie menant à l’autodétermination, à la guérison et au renouveau des relations entre les personnes et la terre.