11 Février 2019

C’est en compagnie de la mentore 2018 Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), que Pascale Fournier et deux membres de l’équipe de la Fondation se sont rendues à Val-d’Or, le 5 février, pour une séance des Forums du futur à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Les discussions sur l’excellence inclusive et le leadership engagé ont été précédées d’une présentation – par Nathalie Bondil et Thibault Zimmer, chargé de projet au MBAM – de l’innovant projet ÉducArt. Celui-ci amène des élèves du secondaire de partout au Québec à aborder, à l’aide de ressources pédagogiques en ligne, différentes notions liées à leur cursus scolaire à travers des œuvres de la collection du Musée. Il s’agit là d’une des façons par lesquelles le MBMA travaille à rendre accessible au plus grand nombre son patrimoine artistique.

Les participant.e.s aux discussions ont d’ailleurs abordé les thèmes de l’éducation et de la démocratisation des idées et de l’art. Soulignant que le taux d’analphabétisme est élevé en Abitibi, certain.e.s ont suggéré que le système éducatif, dès le niveau primaire, est en manque de leaders ouverts à différents styles d’apprentissage et prêts à élargir les critères d’excellence conventionnels. En ce sens, l’excellence inclusive doit commencer dès l’éducation primaire.

Pour sa part, Marie-Hélène Massy-Émond, une artiste abitibienne, a soulevé la question de la valorisation de la pensée et du savoir dans le contexte d’une région rurale comme l’Abitibi, où l’économie est beaucoup axée sur l’exploitation des ressources naturelles et partant, où la part des emplois dans ce secteur est importante :

« Est-ce que [l’Abitibi] est un lieu où il est interdit de penser ou est-ce que c'est un lieu qui est interdit à penser? Que ce soit par l'art, par la recherche... Pour ces populations qui sont axées sur le travail dur physiquement, quelle est la valorisation de la pensée et de la mise en action de la pensée? Je pense que c'est un des gros enjeux dans un territoire comme celui-ci comme dans plusieurs autres territoires canadiens. »

Par ailleurs, s’agissant des savoirs qui tendent à être exclus dans la société canadienne, des participantes ont mis l’accent sur les savoirs autochtones, médicinaux notamment, ainsi que sur les savoirs traditionnellement féminins et « de proximité ». La valeur de différents savoirs doit être reconnue, ont-elles fait valoir, en plus de souligner que « les femmes et les groupes minoritaires doivent être mieux intégré.e.s et prendre part à la recherche ».

La séance s’est achevée avec les remarques de Doris St-Pierre, membre du conseil d’administration du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or. Le leader, a-t-il dit, « c’est celui qui constate, d’abord, des situations inéquitables, des injustices », puis qui passe à l’action pour changer ces situations. Il a cité en exemple Édith Cloutier, directrice du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, qui a joué un rôle crucial dans les dernières années dans la dénonciation d’inconduites des services policiers envers des femmes autochtones de la communauté du Lac-Simon en Abitibi.