Mélanie Millette

Boursiers Administrateurs
2011 à 2019
Mentor(s): 
Affiliation actuelle:
Université du Québec à Montréal, Département de communication sociale et publique
Région:

Mélanie s'intéresse à la façon dont les médias sociaux donnent visibilité et légitimité à des groupes minoritaires ou marginalisés. Elle est présidente de la Société des anciens de la Fondation Pierre Elliott Trudeau.

Projet de recherche

L’usage des médias sociaux dans les luttes pour la visibilité : le cas des minorités francophones au Canada anglais.

La visibilité est une condition essentielle de la revendication dans l'arène politique. Or, la présence grandissante des médias influe sur les modes de visibilité, sur les manières d'être vu et reconnu dans la société. Chaque média possède ses propres « catégories de pertinence » contribuant à la sélection de ce qui apparaîtra ou non dans l'espace médiatique (Voirol 2005). Les médias procèdent par tri et sélectionnent les informations selon des contingences formelles (support papier, vidéo ou audio), économiques et institutionnelles. La situation de personnes exclues de ces catégories de pertinence devient problématique car aujourd'hui, la visibilité médiatique « est devenue un des principaux leviers par lesquels des luttes sociales et politiques sont menées et articulées » (Thompson 2005 : 86). Dans le contexte actuel, quels sont les modes de visibilité médiatique que permettent les plateformes participatives du Web 2.0 pour les revendications de citoyens qui luttent pour faire émerger leur voix?

Ce projet vise à observer et analyser les possibilités de visibilité médiatique que permettent les dispositifs de participation en ligne, par exemple Facebook et Twitter, pour des personnes des minorités franco-canadiennes (hors Québec). Il vise à comprendre les manières par lesquelles ces usagers francophones mobilisent les nouvelles plateformes du Web pour se faire reconnaître et comment cette visibilité contribue à légitimer leurs revendications.

Mélanie Millette, PhD, est professeure au Département de communication sociale et publique de l’UQAM, membre du Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur (LabCMO, UQAM et Université Laval) et du collectif The Fourchettes – Critical Methods in Technoculture.

Les recherches de Mélanie portent sur les usages politiques et culturels des médias sociaux, plus particulièrement sur les enjeux de visibilité et de participation citoyenne pour les personnes en posture minoritaire ou marginalisée. Internet est un lieu de reproduction des relations de pouvoir et ses infrastructures, comme les contenus qui y circulent, posent de nombreux défis éthiques, économiques et sociaux. Néanmoins, les médias sociaux représentent un levier potentiel pour améliorer la représentativité de la pluralité des voix sociales et diffuser des points de vue alternatifs – le problème qui occupe Mélanie est de comprendre comment, dans quelles conditions et pour quels acteurs sociaux cela est possible.

Mélanie développe actuellement trois principaux filons de recherche. D’une part, elle poursuit l’étude de la visibilité et de l’invisibilité en ligne pour les personnes minoritaires ou marginalisées, afin de saisir le rapport à la puissance d’agir qui peut en résulter. Elle s’intéresse également à la participation politique en ligne, spécialement chez les jeunes, et au rôle des usages médiatiques ordinaires dans l’engagement civique des personnes. Troisièmement, elle réfléchit aux enjeux éthiques de la méthodologie, des méthodes et des données numériques à l’aune d’approches féministes et intersectionnelles.  Soucieuse que ses activités scientifiques aient une pertinence sociale mieux comprendre Internet, Mélanie donne régulièrement des ateliers de formation et arrime ses recherches à de nombreuses interventions médiatiques, contribuant ainsi à l’éducation aux médias sociaux et à la vulgarisation scientifique sur le phénomène numérique.

Mélanie Millette a décroché successivement la bourse Bell-Globemedia du Consortium canadien de recherche sur les médias pour ses travaux de maîtrise, la bourse doctorale du Fonds de recherche sur la société et la culture (FQRSC), ainsi que la bourse Joseph-Armand-Bombardier offerte par le Conseil de recherches en sciences humaines Canada (CRSH).  Elle est devenue boursière de la Fondation Pierre Elliott Trudeau en 2011, ce qui lui a permis de compléter la thèse intitulée « L'usage des médias sociaux dans les luttes pour la visibilité : le cas des minorités francophones au Canada anglais » (UQAM, 2015). Elle est présidente de la Société de la Fondation Pierre Elliott Trudeau depuis novembre 2016.

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