Nehraz Mahmud

Elle s'intéresse aux barrières empêchant l'accès des femmes à la propriété au Bangladesh.

Nehraz Mahmud travaille actuellement sur le processus d’adaptation des immigrants bangladais au Canada. Ses travaux portent plus particulièrement sur la manière dont les immigrants maintiennent des relations avec les membres de leur famille qui vivent dans un autre pays et sur la manière dont le processus de migration modifie ces relations. Il s’agit d’un domaine de recherche spécifique qui sert d’inspiration à ses intérêts de recherche initiaux portant sur les causes de l’inégalité dans la distribution de l’héritage des biens chez les hommes et les femmes de confession musulmane au Bangladesh. Elle a également travaillé sur la santé maternelle, la santé reproductive des femmes, les femmes entrepreneures, les conséquences du microcrédit sur les genres, les différences liées au genre dans l’adaptation aux conséquences des changements climatiques et à l’insécurité alimentaire qui en résulte, etc. Ses travaux portaient initialement sur les questions de droits des femmes au Bangladesh et en Asie du Sud.

Projet de recherche

L'état des droits de propriété des femmes musulmanes au Bangladesh

Ce projet de recherche est axé sur la question de l'inégalité de l'accès à la propriété pour les femmes et du contrôle sur la propriété. Dans la société patriarcale du Bangladesh, les hommes possèdent la majorité des propriétés foncières. La proposition de partager un nombre croissant de propriétés avec les femmes n'est pas la bienvenue. En mars 2008, lorsqu'une nouvelle politique nationale en matière d'égalité entre les sexes (National Women's Development Policy (NWDP)) a été annoncée, laquelle énonce que les femmes obtiendrait l'accès égal et le contrôle sur la propriété obtenu par le biais du marché ou par héritage, cette politique a fait l'objet de vives protestations auprès des partis politiques islamiques, car elle va à l'encontre de la loi de la charia stipulée dans le Coran. L'objectif de ce projet est de découvrir les obstacles théologiques, philosophiques, culturels et institutionnels afin de mettre en œuvre une politique d'égalité des droits à l'égard  des biens reçus en héritage à l'aide d'une étude ethnographique comparative sur la distribution des propriétés dans les régions urbaines et rurales du Bangladesh.

Nehraz Mahmud est anthropologue des cultures spécialisée dans l'égalité des sexes, les droits juridiques et afférents à la santé des femmes, la migration transnationale, les relations familiales et de la fratrie, la participation sociale et le pluralisme dans le contexte des réseaux sociaux et des communautés d'immigrants au Canada. Elle est titulaire d'une maîtrise en anthropologie du Bangladesh et d'une maîtrise conjointe en anthropologie et en étude de la condition féminine de l'Université Brandeis, dans l'État du Massachusetts, aux États-Unis. Mme Mahmud a reçu une bourse Fulbright, une bourse d’études supérieures du Canada Vanier et une bourse de la Fondation Trudeau pour son excellence universitaire et son potentiel de recherche. Elle a été chercheuse auprès de la Bangladesh Institute of Development Studies (BIDS), principal institut de recherche gouvernemental qui fournit des apports importants à l'élaboration de politiques. Elle joue actuellement un rôle de premier plan dans l'administration de l'ONG Tilottama Voluntary Women’s Organization au Bangladesh, laquelle a pour but d'offrir des soins de santé essentiels auprès de la population la plus vulnérable dans six districts. Mme Mahmud est lauréate de nombreux prix au Bangladesh pour son rendement universitaire et son travail bénévole. Son objectif demeure de consacrer son temps et son expertise à la recherche sociale pouvant entraîner des suggestions importantes concernant l'élaboration de politiques. Son travail porte actuellement sur l'implication de la migration internationale des familles ainsi que sur les liens entre les fratries séparées. Mme Mahmud poursuit sa recherche sur les immigrants du Bangladesh dans la région du Grand Toronto.

Expérience à titre de boursière Trudeau

Je chérissais le rêve de devenir boursière de la Fondation Trudeau et ce rêve est devenu réalité le jour où j'ai reçu un appel m'avisant de mon admission au sein de cette merveilleuse communauté. Cela a été pour moi un honneur de voir mon nom cité à côté de personnalités connues et de boursiers accomplis. Prendre part aux événements de la Fondation m'a aidée à renforcer ma confiance, à mieux communiquer mes idées et à jeter de nouveaux ponts. Le personnel de la Fondation a toujours porté une attention personnelle à chaque boursier et m'a donné l'occasion de perfectionner mes habiletés d'art oratoire. Chaque année, la conférence annuelle organisée par la Fondation nous a permis de lier notre propre recherche avec ce sujet précis et de réfléchir à des façons de fournir des apports pratiques. L'occasion d'entendre des personnes merveilleusement qualifiées et passionnées discourir de leur travail et de leur univers s'est avérée un bien précieux qu'aucune autre bourse ne pourrait m'offrir. J'ai pris de la maturité en tant que boursière et grandi en tant que chercheuse en partageant des idées avec des experts de disciplines variées et lors de débats constructifs. L'aspect le plus merveilleux de la communauté Trudeau est que tous ses membres éminents se sont toujours montrés disponibles et accessibles auprès d'autrui. Le programme de mentorat nous pousse plus loin et nous donne l'occasion d'établir un lien solide et personnel avec un professionnel accompli. Je suis reconnaissante envers mon mentor de m'avoir partagé ses idées précieuses. Dans l'ensemble, la bourse de la Fondation Trudeau représente davantage qu'un soutien financier. Bien que celui-ci ait également fait une énorme différence dans ma recherche doctorale, il s'agit d'une expérience en soi qui a été rendue possible grâce au personnel dévoué de la Fondation.