Sylvie Bodineau

À partir d’une recherche de terrain menée au Congo, elle s’interroge sur la cohérence entre les grands textes internationaux sur les droits de l’enfant et la réalité des enfants-soldats. 

Sylvie Bodineau est praticienne en protection de l’enfance depuis 1990 pour les agences des Nations Unies et des organisations internationales de protection de l’enfance. Elle a décidé en 2009 d’intégrer le milieu académique aux fins de «penser son métier» et d’y apporter un point de vue novateur. Après une expérience longue et diversifiée de terrain, elle a choisi d’utiliser l’anthropologie pour explorer les différents mondes de l’intervention humanitaire. Doctorante à l’Université Laval (Québec, Canada), elle est aussi chercheure associée à l’Observatoire du Changement Urbain de l’Université de Lubumbashi, République Démocratique du Congo.
Dans le cadre professionnel, elle a dirigé et géré des programmes destinés à des enfants et adolescents en France, au Guatemala, et à Madagascar. Depuis 15 ans, elle apporte une expertise technique sous diverses formes aux principales agences impliquées dans la protection des enfants. Les situations sur lesquelles elle intervient vont de l’urgence au développement (enfants affectés par les conflits ou catastrophes naturelles, victimes d’exploitation, enfants des rues, accusés de sorcellerie, etc.)

Elle contribue aussi de manière transversale aux réflexions et à la mise en place de systèmes de protection des enfants et de programmes de formation professionnelle des travailleurs sociaux et autres intervenants (notamment les forces de sécurité).

Sylvie Bodineau est à la fois chercheuse anthropologue spécialisée sur les droits humains, et intervenante humanitaire de protection de l’enfance depuis plus de 25 ans.

Son expérience professionnelle avec diverses agences des Nations unies et ONG internationales, l’a amenée à travailler auprès d’enfants et familles, de groupes de la société civile ainsi que d’instances gouvernementales dans des circonstances de crise comme dans le cadre de projets de développement. Que ce soit comme gestionnaire de programmes ou en tant que consultante, elle est intervenue en accompagnement de nombreux programmes depuis leur genèse, par exemple en Afrique de l’Ouest depuis 2000 sur la formation des militaires pour la protection des enfants dans les conflits, et sur la formation des forces de sécurité pour la lutte contre le trafic d’enfants; en Syrie en 2007-2008 avec l’évaluation d’un système national de protection des enfants et la mise sur pieds d’une unité de protection de la famille; en RDC depuis 2002 sur la protection des enfants associés aux forces et groupes armés, la protection des enfants en rupture familiale, et la formation professionnelle de travailleurs sociaux. Reconnue par la communauté des intervenants humanitaires de protection des enfants en situation d’urgence comme experte sur la question, elle est aussi régulièrement sollicitée pour l’élaboration et la révision de documents cadres globaux relatifs à la démobilisation et réinsertion des enfants associés aux forces et groupes armés.
Depuis 2009, après près de 20 ans de pratique professionnelle, elle a décidé d’intégrer le milieu académique aux fins de «penser son métier» et d’y apporter un point de vue novateur. Après une expérience longue et diversifiée de terrain, c’est la discipline anthropologique qui lui permet d’explorer les différents mondes de l’intervention humanitaire et des droits humains. Doctorante à l’Université Laval (Québec, Canada), boursière Vanier et Trudeau, elle est aussi chercheure associée à l’Observatoire du Changement Urbain de l’Université de Lubumbashi, République Démocratique du Congo. Sa recherche doctorale, inspirée de la lignée des travaux d’anthropologie critique des droits humains, porte sur la praxis des droits de l’enfant à travers les programmes de protection des enfants soldats en République démocratique du Congo.