Catherine Bélair

Après s'être longtemps impliquée dans les arts et le sport d'élite, Catherine décida de placer l’accent sur les récits, les expériences et les besoins d’autrui, et choisit de s’aventurer dans la recherche en anthropologie afin d’épanouir son altruisme.

Les travaux de recherche de Catherine Bélair l’a permis de concevoir la faim endémique selon une approche anthropologique permettant d’explorer le comment, et non seulement le pourquoi de cette réalité que l’on retrouve dans les régions défavorisées du Brésil. D’une part, elle a examiné les interventions d’aide comme des recours qui permettent de subsister malgré la faim. Sa démarche l'a permis de rapporter les pratiques et les discours localisés des organismes d’aide comme des modèles dynamiques de la vie sociale des droits. D’autre part, la prémisse qui veut que la possibilité de s’alimenter dans un contexte de faim endémique résulte d’une générosité d’autrui qui donne à quelqu’un des moyens pour se sortir de l’impasse alimentaire a situé son étude dans la sphère du don. Les significations des interventions d’aide selon les référents issus des droits humains et du don l’a ainsi amenée à conclure à un agencement probable de ces deux sphères de l’anthropologie selon une juxtaposition d’accords qui verrait dans les interventions la normalisation des droits humains de façon à encourager le don, ce dernier devenant une forme d’opérationnalisation de l’appareil des droits humains.

Être boursière Trudeau a été pour moi un privilège unique qui a fait toute la différence dans mon processus d’études doctorales. La bourse Trudeau a surtout représenté quatre opportunités hors du commun : (1) la concrétisation d’un terrain de recherche à la fois comparatif et original d’une année au Nordeste brésilien dans les villes d’Itapiúna (milieu rural) et de Lagamar (milieu urbain), une favéla de la ville capitale Fortaleza; (2) la chance d’être incluse au sein d’une communauté de personnes dynamiques et exceptionnelles — chercheurs; membres du milieu académique, de la société civile, du monde des affaires et d’organisations non gouvernementales; et décideurs politiques — qui œuvrent dans une optique homogène, soit celle de bâtir un monde meilleur tout en laissant une place aux talents, aux approches et aux idées de chacun; (3) la mise en place d’un programme de mentorat inouï qui m’a offert la possibilité de tisser des liens avec une femme remarquable qui œuvre dans le milieu de la philanthropie; et (4) l’enrichissement de mes réflexions et de mes connaissances, car la bourse Trudeau valorise l’importance de l’échange, d’une part, avec les membres de la communauté Trudeau et, d’autre part, avec des experts et des collègues d’ici et d’ailleurs, sur des sujets qui me tiennent à cœur. En outre, et là est probablement l’aspect le plus important de cette magnifique aventure, être membre de la communauté Trudeau permet de connaître les personnes qui ont une influence réelle sur le cours des choses et qui contribuent de façon significative à la collectivité afin de la rendre meilleure.

Biographie

C’est un parcours de vie un peu différent qui a amené Catherine Bélair à son doctorat. Celle-ci s'était jusque-là laissée guider par ses talents pour le sport et les arts, et aussi quelquefois par le hasard. Elle a ainsi fréquenté la rude école du ballet classique, étant étudiante à la prestigieuse National Ballet School du Canada et Kirov Academy aux États-Unis, a pratiqué le piano classique et fait des études collégiales de basson, a fait deux années de génie mécanique au sein des Forces armées canadiennes, en plus de pratiquer à un niveau élevé la natation, la nage synchronisée, l'aviron et le skeleton tout en obtenant des résultats excellents dans ses études. Pourtant, malgré les succès variés, un vague à l’âme était toujours présent. Et c’est alors qu’elle prit une décision qui changeât sa voie : « finis les sports, finis les arts, finies les sciences, fini le 'moi' ». Elle décida de placer l’accent sur les récits, les expériences et les besoins d’autrui, et choisit de s’aventurer dans la recherche en anthropologie afin d’épanouir son altruisme.

Titulaire d’un baccalauréat et d’une maitrise en anthropologie de l’Université Concordia, Catherine Bélair a obtenu son doctorat en anthropologie à l’Université Laval en mars 2015. Ses travaux, situés à la rencontre de l’anthropologie du don et de l’anthropologie des droits humains, voulaient appréhender les pratiques et les discours qui se rapportent aux différentes stratégies de gestion et de survie mises en place par les gens souffrant de la faim endémique résidant soit en milieu rural, soit en milieu urbain, dans l’État du Ceará au Brésil.