Jennifer Clapp

Lauréats
2013
Affiliation actuelle:
Université de Waterloo
Région:

Économiste politique, elle appréhende l’effet du commerce mondial et l’influence des entreprises transnationales sur la sécurité alimentaire et l’environnement dans les pays les plus pauvres.

La lauréate Trudeau 2013 Jennifer Clapp est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la sécurité et la durabilité et professeure au Département d’études environnementales et des ressources de l’Université de Waterloo. Les recherches de Mme Clapp portent sur les enjeux de gouvernance mondiale situés à la confluence de la sécurité alimentaire, de l’économie mondiale et de l’environnement. Ses recherches actuelles portent sur les politiques qui favorisent la prise en compte des enjeux liés à la durabilité dans l’organisation de la gouvernance de la sécurité alimentaire mondiale. Dans le cadre de ce projet, elle étudie les différents aspects de la durabilité du commerce et de la finance à l’échelle internationale en matière de sécurité alimentaire. 

Projet(s) de recherche

Comment vous décririez-vous?

Je me considère comme une économiste politique qui s’intéresse aux relations entre l’économie politique mondiale, l’environnement et le système alimentaire mondial. Plus précisément, je tente d’expliquer par mon travail comment les pratiques du commerce international, des sociétés transnationales et des marchés financiers mondiaux affectent la sécurité alimentaire et l’environnement, particulièrement dans les pays les plus pauvres. Je tente aussi de mieux comprendre la gouvernance de ces enjeux à l’échelle internationale, en décrivant les forces politiques qui influencent son organisation et en évaluant son efficacité. Ma démarche est interdisciplinaire dans le sens que j’y intègre des notions de science politique, de relations internationales, d’économie, d’études environnementales et d’études alimentaires. Je diffuse mes recherches par des articles et des livres destinés aux chercheurs, aux responsables de politiques ainsi qu’au grand public. Je donne aussi des conférences sur mes travaux. J’ai travaillé pour et avec des organisations de la société civile ainsi que des organismes internationaux.

Quel est l’impact de votre travail sur la scène publique? Comment affecte-t-il la vie des Canadiens et des Canadiennes?

Mon travail vise à faire voir, aux gens du Canada et d’ailleurs, comment les mécanismes des relations économiques mondiales sont profondément liés aux résultats en matière d’impact environnemental et de sécurité alimentaire. Étant donné le rôle de premier plan que joue le Canada dans l’organisation mondiale de la gouvernance pour la sécurité alimentaire et l’environnement, il est primordial pour les Canadiens et les Canadiennes d’avoir une bonne connaissance de ces liens et de l’impact de cette organisation sur le Canada. Mon travail vise aussi à informer les gens qui participent aux débats sur ces enjeux, notamment ceux qui travaillent dans les agences gouvernementales, les organisations de la société civile et les institutions internationales. Par mon travail de recherche, je souhaite formuler des recommandations concrètes qui aideront à améliorer la gouvernance mondiale afin d’assurer la sécurité alimentaire et la durabilité environnementale.

Présentez-nous en deux mots une de vos découvertes les plus intéressantes.

Mon travail le plus important à ce jour a été d’aider à établir les bases du domaine de recherche sur l’économie politique mondiale et l’environnement. Ce travail a permis d’attirer l’attention sur les mécanismes complexes par lesquels le fonctionnement et les règles de l’économie mondiale influencent les résultats environnementaux, notamment la question de la durabilité dans le cadre du système alimentaire mondial. Mon travail a mis en évidence le rôle du secteur privé, de concert avec les États et la société civile, dans l’organisation de la gouvernance de l’environnement et de la sécurité alimentaire mondiale. Cette base me sert à mener des recherches sur le rôle des marchés financiers et des investisseurs dans le système alimentaire. Je m’intéresse à la façon dont les changements dans les marchés financiers a mené à une augmentation de la spéculation dans les produits agricoles et les terres, ainsi que l’effet de ces investissements sur les politiques touchant la faim et l’environnement dans les pays les plus pauvres.

Comment le prix Trudeau vous aidera-t-il à poursuivre votre travail?

Le prix Trudeau sera déterminant dans la poursuite de mes travaux. Il me permettra de consacrer plus d’énergie à la recherche, à l’écriture et à ma participation aux débats publics sur ces grandes questions. Il me permettra aussi d’organiser des ateliers pour réunir des chercheurs et des spécialistes du Canada et d’ailleurs qui s’intéressent à des enjeux similaires, afin de stimuler les synergies de recherche qui feront avancer les connaissances et faciliteront la diffusion des résultats de recherche.

Jennifer Clapp est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la sécurité et la durabilité alimentaires mondiales au Département d’études environnementales et des ressources à l'Université de Waterloo. Mme Clapp détient un baccalauréat en économie de l'Université du Michigan ainsi qu'une maîtrise et un doctorat en relations internationales de la London School of Economics and Political Science.

Au cours de sa carrière, Mme Clapp s'est intéressée à la gouvernance mondiale des enjeux situés à la confluence de l'économie mondiale, de l'environnement et de la sécurité alimentaire. Elle étudie comment les politiques économiques internationales peuvent favoriser les objectifs de sécurité alimentaire et de durabilité environnementale à l'échelle mondiale. Dans sa recherche, Mme Clapp adopte une démarche interdisciplinaire qui combine la science politique, les relations internationales, l'économie, les études environnementales et celles portant sur l’alimentation.

Mme Clapp a écrit ou dirigé neuf livres et plus de 70 chapitres de livre et articles scientifiques. Ses livres les plus récents sont, notamment, Food (Polity, 2012), Hunger in the Balance: The New Politics of International Food Aid (Cornell University Press, 2012), Paths to a Green World: The Political Economy of the Global Environment (MIT Press, 2011, 2e édition), The Global Food Crisis: Governance, Challenges, and Opportunities (WLU Press, 2009) et Corporate Power in Global Agrifood Governance (MIT Press, 2009). De 2007 à 2012, elle a été corédactrice en chef de la revue Global Environmental Politics, où elle a été rédactrice associée de 2000 à 2007.

En 2012, l'Association canadienne des études sur l’alimentation a remis à Mme Clapp le prix d’excellence de la recherche en études alimentaires. Son livre Hunger in the Balance a été en lice pour le prix Donner 2012. Mme Clapp a travaillé comme consultante pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, pour l’Agence canadienne de développement international et pour Oxfam (Royaume-Uni).

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