Leila Qashu

Boursiers
2010
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Boursière postdoctorale Banting, Centre d'histoire orale et de récits numériques, Université Concordia
Affiliation actuelle:
Université Concordia
Région:

Leila observe comment les Éthiopiennes, bien que dénuées de pouvoir politique, utilisent avec succès des rituels musicaux pour résoudre des conflits.

Vers une compréhension de la justice et des droits de la personne : les rituels musicaux des femmes éthiopiennes dans la résolution des conflits

La recherche doctorale de Leila Qashu examinait comment la musique, dans sa forme expressive, permet de résister à l’oppression et à l’abus dans les sphères publiques et privées et, permet aux gens de résoudre des conflits de manière pacifique. Elle a examiné comment la chanson et le rituel de chant sont utilisés par les femmes du groupe ethnique Oromo d’Éthiopie pour résoudre des conflits lorsque très peu d’autres options d’action sociopolitique existent. En comparant des situations locales différentes, elle souhaitait identifier les facteurs et les circonstances qui permettent aux rituels musicaux de maintenir leur pertinence comme moyens efficaces de résolution de conflits, pour ensuite tirer des conclusions plus vastes à savoir comment favoriser la justice réparatrice par le biais de l’expression artistique. Elle anticipait que les résultats de ses recherches seront pertinents du point de vue national et mondial. Cela pourrait, par exemple, éclairer les initiatives canadiennes de justice réparatrice et le rôle du Canada dans la défense des droits de la personne et l’intervention au niveau national et international.

Leila a remporté le prix 2017 de la thèse de doctorat avec distinction de l'Association canadienne pour les études supérieures (ACES) pour les Beaux-Arts, les sciences humaines et les sciences sociales. Elle a également reçu un financement du CRSH du développement du savoir pour son dernier projet en date, "Représentations digitales de la résistance: utiliser la vidéo participative pour documenter les défis et stratégies expressives des jeunes femmes Arsi Oromo pour  le changement en Éthiopie."

Musicienne, Mme Leila Qashu est titulaire d'un doctorat en ethnomusicologie à l’Université Memorial de Terre-Neuve. Elle veut travailler comme universitaire mais aussi dans le secteur public, appliquant les résultats de ses recherches en ethnomusicologie interdisciplinaire pour promouvoir les droits de la femme, les droits de la personne et la justice réparatrice.

Après l’obtention de son baccalauréat au Collège Carleton, Mme Qashu enseigne et étudie les langues en France et en Égypte avant d’entamer des recherches en musique éthiopienne en 2003, alors qu’elle est étudiante à la maîtrise à l’Université Paris 8 en France. D’abord membre d’une équipe de recherche affiliée au Centre national de recherche scientifique (CNRS), elle participe ensuite à un projet de l’UNESCO, « La musique, les instruments et la danse traditionnelle en Éthiopie ». Elle a également été récipiendaire de subventions et de bourses accordées par le Centre français des études éthiopiennes, l’ambassade de France à Addis-Ababa, la Ville de Paris et l’Université Memorial de Terre-Neuve. Mme Qashu est l’auteure principale d’articles et a également collaboré à la rédaction d’autres textes. Elle a participé à des conférences, produit ou coproduit des vidéos documentaires et, organisé des photothèques. Elle a également été impliquée dans plusieurs autres projets de recherche, dont un projet récent sur les communautés immigrantes de St. John’s, Terre-Neuve. En plus de ses activités de recherche, Mme Qashu a joué l’alto dans plusieurs ensembles, dont l’Orchestre symphonique de Terre-Neuve, et a été active dans plusieurs organismes sans but lucratif, dont l’Organisation multiculturelle des femmes de Terre-Neuve et Labrador.

Sa recherche doctorale examinait les mêmes thèmes que ceux explorés au niveau pré-doctoral, s’inspirant de nombreux mois de recherches sur le terrain parmi le groupe ethnique Arsi Oromo d’Éthiopie. Après avoir étudié les rituels du mariage, les chants guerriers des hommes et les chants de bétail, elle s’intéresse à la position et à la voix des femmes dans la société Oromo. Même si les femmes Arsi Oromo sont exclues de nombreux espaces, activités et décisions politiques, elles obtiennent et exercent le pouvoir en créant leurs propres espaces sociales et en interagissant avec l’ordre social mâle par l’entremise de certains médias dont les rituels musicaux de résolution des conflits. En étudiant ces rituels, Mme Qashu souhaite comprendre pourquoi ils sont efficaces comme mécanismes de justice réparatrice et ce, dans le but d’éclairer les décisions politiques nationales et internationales visant à renforcer les droits de la femme et les droits de la personne. Elle veut plaider que si les décideurs veulent comprendre à fond les besoins des collectivités en matière de justice et résolution des conflits, ils devront tenir compte des perspectives locales, subjectives et souvent culturellement dépendantes et, des procédures existantes de résolution de conflits.