5 Décembre 2018

Dans la seule province officiellement bilingue du Canada, les thèmes centraux des Forums du futur de la Fondation Pierre Elliott Trudeau, soit l’excellence inclusive et le leadership engagé, sont parfois liés à des questions linguistiques et identitaires. Alors que les Forums du futur avaient lieu au Nouveau-Brunswick pour deux consultations à Fredericton et Moncton, les participant.e.s ont identifié la langue et l'inclusion autochtone comme des enjeux urgents pour la province.

Dans une salle de conférence de l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB), les participant.e.s, dont de nombreux universitaires, ont abordé les thèmes sous l’angle unique de cette province.

L'hôte de la consultation, Catherine Holtmann, est professeure à l'UNB et directrice du Centre de recherche sur la violence familiale Muriel McQueen Fergusson. Selon Holtmann, les petites régions ont un avantage distinct en ce qui concerne les discussions sur l'inclusion et la recherche de nouvelles façons de travailler ensemble : les gens se connaissent.

« Les cercles sont suffisamment petits pour que vous puissiez parler à des personnes qui ont du pouvoir et de l'influence dans différents secteurs de la société, car vous les rencontrez sur une base régulière », a déclaré Holtmann. « C’est à la fois un défi et une opportunité ».

Le défi est qu’il y a un plus petit bassin de personnes à qui faire appel. L'opportunité est que les gens font connaissance plus facilement et sont amenés à s'impliquer d'une manière qui pourrait ne pas se produire dans les grands centres.

Cette approche participative signifie de plus en plus que différentes communautés sont invitées à la table.

Amanda Reid-Rogers est la nouvelle Piluwitahasuwin (vice-présidente adjointe pour l’engagement des peuples autochtones) de l'Université du Nouveau-Brunswick.

« Ce n’est pas comme si j’avais des chiffres derrière moi pour rendre ma voix plus forte », a-t-elle déclaré, soulignant que les communautés autochtones représentaient environ cinq pour cent de la population de la province.

« Il doit y avoir des personnes prêtes à faire un pas de côté et à laisser une personne autochtone s'exprimer », a-t-elle déclaré. Dans le contexte universitaire, cela se produit de plus en plus.

À l'Université de Moncton, la conversation s'est poursuivie au sein d'un groupe différent et diversifié. Les participant.e.s incluaient Bernard Richard, mentor de la Fondation Pierre Elliott Trudeau en 2012, qui est conseiller principal auprès des Services mi'gmaq pour l'enfance et la famille du Nouveau-Brunswick et travaille avec plusieurs communautés autochtones de la province.

Selon Richard, malgré le bilinguisme officiel du Nouveau-Brunswick, la langue est parfois considérée comme un obstacle aux discussions inclusives.

« Les gens peuvent percevoir que le bilinguisme officiel peut empêcher d’autres gens du Nouveau Brunswick de réaliser leurs rêves », a-t-il déclaré, soulignant que ce sentiment avait refait surface au cours de la dernière campagne électorale provinciale.

« On se pose des questions. On a besoin de parler, de dialoguer, de s’écouter un peu plus. »

Il existe des organisations communautaires engagées à rassembler les gens pour de telles discussions sur l'inclusion et la cohésion sociale. Nadine Duguay-Lemay est la directrice générale d’une de ces organisations, soit Dialogue NB.

« Quand les gens se sentent vraiment écoutés, valorisés et connectés, ils ont un sentiment d'appartenance », a-t-elle déclaré. « Si nous travaillions tous sur cela - chaque organisation, chaque école, chaque entreprise - imaginez l'impact que cela pourrait avoir ».